Aux cris de « Artsakh » ou de « Europe réveille-toi, Erdogan est derrière toi », ils ont réclamé l’intervention de l’Europe dans ce dossier et applaudi le président français Emmanuel Macron qui a clairement dénoncé le soutien militaire de la Turquie à cette offensive.

« Voilà qu’Erdogan attaque l’Arménie et l’Europe se tait. Ce silence est une trahison des Arméniens mais aussi des valeurs que l’Europe prétend servir » , a déclaré le président du Comité, Nicolas Tavitian. « La France sait qu’il s’agit d’une agression. Applaudissons le président Macron ».

Les dirigeants européens étaient au même moment en train de discuter de leur politique étrangère et de l’attitude à prendre à l’égard des interventions militaires de la Turquie en Syrie, en Irak, en Libye, en Méditerranée et, maintenant, au Haut-Karabakh.

"Ils sont là chez eux", selon le député Dallemagne

Ankara a promis son soutien total à l’Azerbaïdjan et a déployé des milices djihadistes syriennes dans ce pays – une sorte de corps de mercenaires – sans engager au sol des troupes. Plusieurs de ses F-16 seraient aussi en opération, selon Erevan. Ankara dément.

Le député Georges Dallemagne (CDH) a pris la parole et a demandé que la Turquie soit exclue de l’Otan. « Ce ne sont pas des séparatistes de l’Artsakh », a-t-il dit sous les applaudissements. « Ils sont là chez eux. Il ne fait pas laisser faire ce crime et pointer du doigt la responsabilité sur la sécurité internationale de la Turquie (…) qui n’a plus rien à faire dans l’alliance » atlantique.

D’autres politiques belges étaient présents, dont le sénateur Mark Demesmaeker ( N-VA), l’ancien sénateur Josy Dubié (Ecolo) et son frère Jean-Claude Defossé, la députée bruxelloise Julie De Groote (CDH), le député sortant du parlement flamand Ward Kennes (CD&V) et l’ex-député André du Bus (CDH) . Tous ont eu l’occasion de se rendre dans l’Artsakh, qui est la dénomination arménienne du Haut-Karabakh.

Des journalistes blessés, dont deux du Monde

Les présidents russe Vladimir Poutine, français Emmanuel Macron et américain Donald Trump ont appelé jeudi dans un communiqué commun à "la cessation immédiate des hostilités" au Nagorny Karabakh, a indiqué la présidence française.

En tant que dirigeants des trois pays du Groupe de Minsk sur ce dossier, les trois présidents appellent aussi "les dirigeants de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan à s'engager sans délai à reprendre les négociations de fond" sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Plusieurs journalistes, dont un journaliste et un photographe qui couvraient pour Le Monde le conflit au Nagorny Karabakh, ont été blessés jeudi dans un tir d’artillerie sur la ville de Martouni.

Un avion sanitaire va être envoyé par la France pour rapatrier les blessés, a annoncé le président français Emmanuel Macron en arrivant au sommet européen à Bruxelles.