Les députés hongrois ont entériné lundi la nomination d'un nouveau président de la Cour suprême, malgré de vives critiques de la part des magistrats inquiets de l'indépendance du système judiciaire dans leur pays. Zsolt Andras Varga, 52 ans, a reçu le soutien des deux tiers des membres du Parlement (135 voix pour, 26 contre), dominé par le parti Fidesz du Premier ministre souverainiste Viktor Orban.

Il remplacera à compter de janvier 2021 Peter Darak, qui avait pris début 2012 la tête de l'institution dénommée "Kuria" (appellation historique signifiant "manoir"), après la mise à l'écart d'un magistrat ouvertement critique à l'égard du pouvoir.

Cette nomination, pour une durée de neuf ans, a été massivement rejetée par le Conseil national de la magistrature (OBT). Professeur de droit et ancien membre du Conseil constitutionnel, M. Varga n'a "aucune expérience de juge", a écrit sur Twitter le porte-parole de l'OBT, Viktor Vadasz.

Il a rappelé l'adoption récente de deux amendements qui ont opportunément mis fin à la pratique selon laquelle tout président de la Cour suprême en Hongrie devait, depuis la chute du régime communiste, avoir une telle expérience.

Zsolt Andras Varga a en outre travaillé pendant plusieurs années comme adjoint au procureur général Peter Polt, un fidèle de M. Orban.

Cette élection est "contraire au principe d'indépendance judiciaire", conclut l'OBT.

Depuis son retour au pouvoir en 2010, Viktor Orban est régulièrement accusé par l'Union européenne (UE) de saper l'État de droit. Selon plusieurs organisations internationales, il a porté atteinte à l'indépendance de la justice, muselé de nombreux médias comme les milieux culturels libéraux et s'est attaqué aux libertés académiques.