"Devant ces six cercueils alignés, je veux avant tout exprimer la peine, la douleur, l'incompréhension, la colère de tous les Français", a ajouté le Premier ministre Jean Castex, en évoquant devant les familles des victimes "des enfants dont vous pouvez être fiers, dont la France entière peut être fière".

"Ces enfants qui viennent de vous être arrachés par des tueurs sanguinaires pourraient être les miens, ils avaient entre 25 et 31 ans, ils étaient jeunes, généreux et brillants", a poursuivi M. Castex, en saluant "leur altruisme" et "leur engagement".

Selon les premiers éléments de l'enquête antiterroriste ouverte à Paris, l'attaque meurtrière "paraît avoir été préméditée" avec pour objectif de "cibler a priori plutôt des Occidentaux", a déclaré vendredi une source judiciaire française.

Les jeunes humanitaires français, deux hommes et quatre femmes, ont été assassinés dimanche avec leur chauffeur et leur guide nigériens, alors qu'ils visitaient la réserve de girafes de Kouré, à 60 km au sud-est de la capitale Niamey, où ils étaient basés.

"Les victimes de cet attentat étaient venues au Niger pour y faire le bien. Elles y ont rencontré le mal", a déclaré le Premier ministre.

"Cette incarnation du mal, la France ne la connaît malheureusement que trop (...), c'est très vraisemblablement la même haine, la même lâcheté, la même inhumanité qui étaient à l'oeuvre au Niger et au Bataclan", a-t-il ajouté, en martelant qu'il n'était "pas question de céder un pouce de terrain au fanatisme criminel et aux ennemis de la liberté d'agir, de penser et de s'engager".

Le 13 novembre 2015, 90 personnes avaient été tuées par un groupe de djihadistes qui avaient attaqué la salle de spectacles parisienne du Bataclan où se tenait un concert. Au total ce jour-là, 130 personnes avaient été tuées dans des attentats à Paris et Saint-Denis.

Les meurtres des humanitaires français au Niger n'ont pas été revendiqués, mais le pays est régulièrement frappé par les groupes djihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

Les groupes islamistes armés étendent leur emprise au Sahel, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 5.100 militaires français de la force Barkhane.