Dernière chance pour réparer son placard ou faire les soldes? A la veille de la fermeture des plus grands magasins et centres commerciaux face au coronavirus, certains clients prenaient leurs précautions et gonflaient la fréquentation, notamment en province.

"Si on veut réparer notre placard de cuisine, c'est aujourd'hui ou jamais", s'exclame Anne Issac, une cliente tenant un sachet de rivets à la main au sous-sol du BHV-Marais à Paris.

L'étage est un haut lieu du bricolage où l'on peut trouver toutes tailles d'écrous, de robinets ou d'ampoules. Mais ce n'est qu'une petite partie de ce vaste centre commercial qui devrait fermer à partir de dimanche.

Comme l'emblématique Forum des Halles à Paris ou la Part-Dieu à Lyon, il fait partie des magasins de plus de 20.000 mètres carrés dont le Premier ministre Jean Castex a annoncé vendredi la fermeture face au risque de recrudescence de l'épidémie de Covid-19.

Le gouvernement a précisé samedi, après une réunion avec le secteur, que 400 magasins seraient concernés en France: pas seulement des "centres commerciaux", comme initialement annoncé, mais aussi des sites occupés par un seul commerce, comme c'est par exemple le cas pour plusieurs établissements Ikea.

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Au BHV, "on serait venu de toute façon mais pendant la semaine, un jour où il y aurait moins de monde", admet Mme Issac, accompagnée de son mari Alexandre pour cette sortie matinale.

A 10H30, peu après son ouverture, le BHV comptait déjà un nombre important de clients dans ses rayons, faisant craindre à certains commerçants un afflux ingérable.

"Oui, il y a du monde", remarque Linda, vendeuse à l'un des stands d'une marque de vêtements au rez-de-chaussée.

Elle redoute une véritable ruée après avoir connu une expérience semblable fin octobre, le lendemain de l'annonce du deuxième confinement. "Il y a eu des mouvements de foule dans le magasin", se rappelle-t-elle.

Foules à Strasbourg

L'AFP a constaté que plusieurs dizaines de personnes attendaient autour des différentes entrées du magasin juste avant l'ouverture. Mais est-ce si rare un samedi de soldes? Tous les employés du magasin ne sont pas si impressionnés et l'une trouve même qu'il y a moins de gens que d'habitude.

De fait, les restrictions annoncées sont moins rudes que ce qu'avait laissé entrevoir le gouvernement les jours précédents. Il n'y a pas pour l'heure de nouveau confinement et de nombreux commerces, notamment ceux de centre-ville, vont rester ouverts, limitant la pression pour vite faire son shopping.

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Mais dans certaines villes de province, l'empressement des clients est plus visible. A Strasbourg, aux Halles, la fréquentation est très importante en début d'après midi, un peu plus que d'habitude à en croire les commerçants interrogés par l'AFP.

"Ce matin il y avait plus de monde que d'habitude, les gens sont venus par peur de manquer", assure Valérie, qui tient la boutique de bijoux Agatha. "Chez Zara, il y avait au moins 30 personnes qui faisaient la queue devant la boutique. Le samedi matin en général c'est calme. Là ce n'était pas le cas."

Situation similaire à Lille, dans le grand centre commercial Euralille, avec dans l'après-midi des centaines de personnes qui font la queue, parfois à leur propre déconvenue.

"Il y a énormément de monde, je ne m'attendais pas à ça", admet auprès de l'AFP Alex, un étudiant qui attend devant magasin de vêtements. "Je voulais en profiter tant que c'est encore ouvert, mais je ne vais pas y rester la journée, pour passer le moins de temps possible dans la foule."

Pour les commerçants, cette fréquentation élevée n'apporte guère de consolation alors qu'ils s'apprêtent à subir une inactivité forcée sans savoir combien elle va durer.

"Cette annonce, c'est un petit coup de massue", regrette Jennifer Caulier, responsable de la boutique L'Occitane aux Halles de Strasbourg. "On risque de rouvrir quand les soldes seront terminées, donc on va encore perdre du chiffre d'affaires. Alors qu'on retrouvait une certaine affluence."

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