"L'UE préfère le dialogue à la confrontation", a répété Peter Stano, porte-parole du Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères Josep Borrell. Ce dernier a eu un entretien téléphonique avec le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, qui a essentiellement servi à informer le "partenaire" et "voisin" d'Ankara des résultats de la réunion informelle des 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE de vendredi dernier à Berlin. Les attentes de l'UE sont que l'on trouve des "solutions paisibles aux tensions en Méditerranée orientale", une "voie vers la désescalade", a expliqué son porte-parole lundi midi.

Le conflit des explorations turques en Méditerranée n'est pas neuf, mais a connu un regain de tensions depuis l'envoi début août d'un nouveau navire de recherche dans des eaux revendiquées par Athènes. Chypre et Grèce sont concernées par ce conflit: Ankara recherche régulièrement des gisements d'hydrocarbures à exploiter dans des zones que ces deux Etats membres de l'UE estiment leur appartenir.

A plusieurs reprises, la Turquie s'est ouvertement moquée des sanctions envisagées par l'UE face à ces activités. En novembre dernier, poussée par Chypre, l'UE avait adopté un cadre de sanctions permettant de punir des personnes ou entités impliquées dans des forages turcs jugés illégaux. Entre-temps, deux personnalités figurent sur la liste des sanctionnés, mais elle pourrait encore être élargie, et Josep Borrel a indiqué vendredi que d'autres réactions, plus générales, sont envisagées.

"Les ministres de l'UE veulent une voie vers une relation plus saine" avec la Turquie. "Il est essentiel en premier lieu d'arrêter les actions unilatérales et les déclarations par médias interposés, que l'on voit par exemple pour le moment entre Turquie et Grèce", a expliqué Peter Stano lundi.