Ce jeudi, le pape François a accepté la démission du cardinal Angelo Becciu en tant que Préfet de la Congrégation pour la cause des saints. Fait notable, le cardinal Becciu, 72 ans, renonce à ses droits liés au cardinalat, annonce ce soir le Vatican.

"Le Saint Père a accepté la renonciation de sa charge de préfet de la Congrégation des causes des saints et de ses droits liés au cardinalat présenté par son éminence le cardinal Giovanni Angelo Becciu", a annoncé jeudi soir le Saint-Siège dans un communiqué laconique.

Ces derniers mois, le nom du cardinal Becciu avait été cité dans le sillage de transactions suspectes qui avaient permis l'achat, par le Vatican, d'un important bâtiment à Chelsea. C'est en effet lorsqu'il était substitut de la Secrétairerie d'État que les contrats suspectés d'irrégularités concernant cet immeuble avaient été signés.

Rien ne permet encore d'établir un lien formel entre la démission de ce jeudi et cette affaire, mais le cardinal Becciu était bien au coeur des enquêtes initiées par la volonté du pape François.

Après une carrière de "nonce" (ambassadeur), le prélat italien avait fait office durant sept ans de substitut de la Sécrétairerie d'État, l'équivalent d'un "ministre de l'Intérieur", en contact constant avec le pape Benoît XVI puis le pape François.

Tout juste créé cardinal à l'été 2018 par le pape François, il avait pris la tête de l'administration du Saint-Siège chargée d'enquêter et de trancher sur les béatifications et canonisations.

Sa démission à 72 ans, prématurée dans les usages de l'Église, a toutes les allures d'une sanction. Le court communiqué du Vatican précise en effet qu'il reste cardinal mais perd tous les droits attachés à cette fonction, notamment la possibilité d'élire un nouveau pape lors d'un conclave ou de conseiller l'actuel souverain pontife.