Plus de cent maires et élus de Rouen et du département de Seine-Maritime ont interpellé mercredi dans une lettre le Premier ministre français Édouard Philippe, lui demandant "d'engager le gouvernement et l'État" pour répondre aux "peurs, angoisses et questionnements" nés de l'incendie de l'usine Lubrizol. 

"La catastrophe Lubrizol n'est pas un incident local. C'est une catastrophe technologique, économique et écologique d'ampleur nationale, qui doit être traitée comme telle", écrivent les élus dans ce courrier daté de mercredi.

"Transparence" des informations, mise en place d'un "registre de suivi médical, à court mais aussi à long terme des personnes qui ont inhalé les fumées", "reconnaissance de l'état de catastrophe technologique" et "réparation rapide des dommages causés à l'environnement": les élus demandent à Édouard Philippe d'engager le gouvernement et l'État "sur quatre point concrets".

"Devant les peurs, angoisses et questionnements bien légitimes de nos concitoyens, nous devons collectivement apporter une réponse rapide, claire, utile et efficace", écrivent les élus. Ils soulignent que la transparence "doit non seulement viser la nature exacte de ce qui a brûlé, mais aussi la composition des polluants émis dans l'atmosphère, les sols, leur quantité, leur dangerosité".

Ils demandent aussi qu'un registre de suivi médical "soit immédiatement mis en place" pour les personnes exposées, "à commencer par les agents des services publics et les salariés de Lubrizol directement engagés dans l'extinction de l'incendie, les habitants les plus proches et plus largement l'ensemble des riverains concernés".

Concernant la reconnaissance de catastrophe technologique "il y a urgence", estiment les élus normands, et "l'indemnisation immédiate des agriculteurs des 112 communes impactées" par l'interdiction de récolte et de collecte du lait, mais aussi des commerçants, "doit être mise en place".

"Nous ne pouvons pas attendre 20 ans", écrivent-ils concernant la réparation des dommages.

Mardi le préfet de Normandie a dévoilé la liste des produits détruits jeudi dernier dans l'incendie. Les autorités ont publié 479 fiches avec les caractéristiques de ces substances et les "risques associés" en cas de combustion.