Cet homme de 39 ans était chargé de fermer la cathédrale la veille de l’incendie. Il s’agit d’un "Rwandais, venu se réfugier en France il y a quelques années", avait expliqué la semaine dernière à l’AFP le recteur de la cathédrale de Nantes, le père Hubert Champenois.

Selon le recteur, le bénévole est "servant d’autel", et il le connaissait "depuis quatre ou cinq ans". "J’ai confiance en lui comme en tous les collaborateurs", avait-il expliqué.

Le bénévole avait été placé en garde à vue quelques heures après l’ouverture de l’enquête, le 18 juillet, puis remis en liberté le lendemain soir. Les enquêteurs souhaitaient l’interroger, car après l’incendie aucune trace d’effraction n’avait été constatée sur les accès à l’édifice dans lequel trois points de départ de feu avaient été constatés.

Le bénévole a été de nouveau interpellé et placé en garde à vue samedi matin et présenté dans la soirée au parquet de Nantes qui a ouvert une information judiciaire, a précisé le procureur de la République.

L’homme encourt "une peine de 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende", a ajouté le procureur.

"Trois points de feu"

L’enquête avait révélé l’existence de trois points de feu distincts dans la cathédrale. "Entre le grand orgue, qui est sur la façade au premier étage et les autres feux, vous avez quasiment toute la distance de la cathédrale. Ils sont quand même à une distance conséquente les uns des autres", avait relevé le jour de l’incendie le procureur.

L’alerte avait été donnée le 18 juillet vers 7 h 45 par des passants qui avaient vu des flammes sortant de la cathédrale. Il a fallu environ deux heures aux sapeurs-pompiers pour circonscrire le feu qui a notamment détruit un tableau d’Hippolyte Flandrin du XIXe siècle et le grand orgue.


En dehors du grand orgue dont "très peu, voire pas du tout d’éléments seront sauvables", selon Philippe Charron, responsable du pôle patrimoine à la Direction régionale des affaires culturelles, "la plupart des œuvres ont été sauvées".

"On va compter en semaines la mise en sécurité du site, […] en mois l’investigation qui va se faire pierre par pierre" et, concernant la durée du chantier de reconstruction précédé d’une phase d’études, "là, l’unité sera plutôt l’année", a estimé M. Charron.

L’État "prendra toute sa part" dans la reconstruction, a promis le Premier ministre Jean Castex, venu à Nantes féliciter les sapeurs-pompiers le jour de l’incendie.

L’incendie de la cathédrale de Nantes, survenu 15 mois après celui de Notre-Dame de Paris, a suscité une vive émotion chez les Nantais, dont certains ont conservé le souvenir d’un précédent incendie de l’édifice, le 28 janvier 1972.

L’édification de cette cathédrale, de style gothique flamboyant, a duré plusieurs siècles (de 1434 à 1891).