"Cette décision est incompréhensible et choquante", a réagi dimanche le conseiller d'Etat (ministre) valaisan en charge de l'économie Christophe Darbellay sur les ondes de la RTS. "Le canton du Valais maîtrise bien le Covid-19. La situation à Genève est beaucoup plus alarmante", a-t-il commenté. Le conseiller national (député) Matthias Bregy qualifie lui aussi la décision belge d'incompréhensible et en appelle au département helvète des Affaires étrangères d'intervenir auprès de la Belgique. Le canton de Vaud demande lui aussi une intervention diplomatique pour une révision de la décision belge sans délai. 

Côté suisse, on souligne que sur les 14 derniers jours, le taux de nouvelles infections a atteint 23 cas pour 100.000 habitants dans le canton de Vaud, et de 10 dans le Valais, alors qu'il est de 44 en Belgique. "Vaud est pratiquement à la moitié du taux d'infection belge", fait remarquer Philippe Leuba, le ministre vaudois de l'économie. "On ne sait pas sur quels critères la Belgique se base", a reconnu de son côté sa collègue en charge de la santé, Rebecca Ruiz. La Suisse est également intervenue auprès de l'UE pour éviter que d'autres pays européens n'adoptent la même mesure que la Belgique. 

Mi-juillet, la Belgique avait temporairement considéré le canton du Tessin comme une zone à risque. Après des protestations de ce canton, la Belgique avait finalement fait marche arrière. Le classement de la région lémanique en zone rouge aussi suscité quelques étonnements en Belgique. Ainsi dimanche sur Facebook, le député bruxellois Emmanuel De Bock (DéFI) s'interroge: "La Belgique met 20% de la Suisse en zone rouge le jour de leur fête nationale et prend en otage tous les Belges qui devaient y passer une partie des vacances d'août alors que la Suisse compte quatre fois moins de contaminations par habitant que la Belgique. Interdire de se rendre à Genève, dans le Vaud et le Valais alors que la Suisse connaît un taux de contamination bien moins élevé que la Belgique... A ce compte-là, on devrait mettre toute la Belgique en zone rouge et nous-mêmes ne plus sortir de sa région", ironise-t-il.