Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'inquiète de la perspective d'un possible blocage des exportations de vaccins depuis l'UE vers son pays. Il doit prendre contact cette semaine avec les dirigeants européens qui se retrouvent en sommet jeudi et vendredi, a annoncé lundi la BBC. Le leader britannique plaidera notamment auprès de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Emmanuel Macron pour éviter toute limitation européenne des exportations.

"Aucun pays ne devrait emprunter le chemin du nationalisme et du protectionnisme vaccinal. On fait tous de notre mieux pour coopérer et soutenir les fabricants de vaccins pour produire un maximum", a commenté la secrétaire d'Etat britannique à la Santé, Helen Whately, sur la BBC.

Boris Johnson avait déjà téléphoné la semaine dernière au Premier ministre belge Alexander De Croo. La Belgique héberge une importante unité de production du vaccin suédo-britannique AstraZeneca/Oxford, dont la production insuffisante par rapport aux promesses contractuelles ralentit les programmes de vaccination dans les Etats membres.

Au Royaume-Uni, la tension est montée d'un cran après les menaces la semaine dernière de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, de bloquer des exportations de vaccins vers ce pays. Elle avait notamment souligné le déséquilibre entre les 10 millions de doses de vaccins exportées de l'UE vers le Royaume-Uni depuis début février, tandis que Londres n'avait encore rien envoyé de son côté.

Le contrat AstraZeneca avec l'UE oblige pourtant le producteur, selon la Commission, à alimenter aussi le marché européen depuis ses deux usines britanniques. Mais selon AstraZeneca, les doses produites sur le sol britannique sont prioritairement destinées au programme britannique de vaccination, conformément à ce qui est stipulé dans le contrat qu'elle a signé avec Londres.

Des limitations européennes à l'exportation pourraient affecter le programme britannique de vaccination, mais la production de vaccins dans l'UE dépend elle aussi partiellement de composants provenant du Royaume-Uni. Selon Helen Whately, il ne serait dès lors "pas très utile" de spéculer sur d'éventuelles mesures de rétorsion si l'UE venait à limiter les exportations.