L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a qualifié mardi d'"apartheid" la politique d'Israël à l'égard des arabes sur son sol et des Palestiniens dans les Territoires occupés, une accusation farouchement contestée par l'Etat hébreu.

HRW dénonce dans un rapport le maintien d'"une domination délibérée de la population juive israélienne sur les Palestiniens à travers Israël et les Territoires occupés", à laquelle s'ajouteraient selon l'organisation une "oppression systématique" et des "actes inhumains".

Le rapport pointe notamment l'essor des colonies israéliennes à Jérusalem-Est, portion orientale de la Ville Sainte annexée par Israël, et en Cisjordanie occupée, où vivent désormais au total près de 700.000 colons, estimant que les colonies israéliennes qui devaient être "temporaires" sont devenues des constructions "permanentes".

L'apartheid en Afrique du Sud 

L'apartheid ("développement séparé des races" en afrikaans) était un système de discrimination légal instauré en Afrique du Sud de 1948 à 1991 par la minorité blanche, qui a dominé la vie politique du pays jusqu'aux premières élections multiraciales de 1994, remportées par le leader de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela.

Sous ce régime, les Sud-Africains étaient classés dès leur naissance en quatre catégories, Blancs, Noirs, Métis ou Indiens.

Dans la vie quotidienne, cela se traduisait par des panneaux réservant aux Blancs des bus, des restaurants, ou des plages, l'interdiction des mariages et des relations sexuelles interraciales, l'accès à une éducation ou à des soins de moindre qualité pour les Noirs...

L'essentiel du territoire (87%) était réservé à la minorité blanche. Les Noirs ont été relégués dans des "townships" (cités dortoirs) et des "bantoustans" (réserves ethniques). Jusqu'en 1986, ils devaient se déplacer avec une pièce d'identité précisant où ils avaient le droit d'aller, risquant sinon la prison ou des amendes.

L'apartheid selon le droit international

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté en 1973 une "Convention internationale sur l'élimination et la répression du crime d'apartheid", entrée en vigueur en 1976.

Ce texte définit notamment le crime d'apartheid, considéré comme un crime contre l'humanité, par une série "d'actes inhumains" "commis en vue d'instituer ou d'entretenir la domination d'un groupe racial d'êtres humains sur n'importe quel autre groupe racial d'êtres humains et d'opprimer systématiquement celui-ci".

Le texte cite notamment le fait de prendre des mesures pour empêcher un groupe racial "de participer à la vie politique, sociale, économique et culturelle du pays" ou "visant à diviser la population selon des critères raciaux en créant des réserves et des ghettos séparés pour les membres d'un groupe racial ou de plusieurs groupes raciaux" ou encore "en interdisant les mariages entre personnes appartenant à des groupes raciaux différents".

Le Statut de Rome de 2002, instituant la Cour pénale internationale (CPI), définit le crime d'apartheid comme un crime contre l'humanité.

Ce texte évoque "des actes inhumains" "commis dans le cadre d'un régime institutionnalisé d'oppression systématique et de domination d'un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l'intention de maintenir ce régime".

Le terme d'apartheid a notamment déjà été utilisé par des organisations de défense des droits humains pour dénoncer les conditions de vie de la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie.