M. Conte s'est rendu dans l'après-midi au palais du Quirinal pour s'entretenir avec le président de la République Sergio Mattarella, figure très respectée en Italie et arbitre en cas de crise gouvernementale. Selon un communiqué de la présidence publié à l'issue de cette rencontre, le Premier ministre a "exprimé sa volonté de présenter devant le parlement les clarifications politiques nécessaires".

Dans la matinée, sénateurs et députés avaient d'ailleurs suspendu leurs travaux et demandé à M. Conte de venir s'expliquer au Parlement sur la manière dont il entend sortir de cette crise politique. Le chef du gouvernement devra de toute manière tôt ou tard s'assurer qu'une majorité est encore prête à soutenir l'exécutif après le lâchage d'Italia Viva (IV), le parti de M. Renzi.

Ce départ lui fait théoriquement perdre la majorité au Sénat, mais selon les médias italiens un certain nombre de sénateurs seraient prêts à rallier le gouvernement actuel, alors que le pays affronte la pandémie qui a déjà fait plus de 80.000 morts, doublée d'une crise économique marquée par la plus grave récession depuis l'après-guerre.

Ce serait d'ailleurs la piste privilégiée par le Parti démocrate (PD, centre gauche), poids lourd de la coalition avec le Mouvement 5 Etoiles (M5S).

Selon Il Corriere della Sera, l'un des principaux journaux italiens, l'idée de M. Conte serait d'abord de "prendre son temps pour le bien de l'Italie" et de faire adopter les principales mesures de soutien à l'économie avant de présenter formellement sa démission au président de la République, qui pourrait aussitôt lui donner un mandat pour former un nouveau gouvernement.

Plusieurs options sont désormais sur la table face à M. Conte. Un nouveau gouvernement Conte, avec la même majorité composée principalement du M5S et du PD avec le soutien d'Italia Viva, reste théoriquement possible mais très improbable après la vigueur des attaques de Matteo Renzi.

Autre issue possible, celle privilégiée par le PD: un gouvernement Conte avec une majorité différente incluant quelques élus indépendants ou de l'opposition qui permettraient de compenser le départ des troupes de Renzi.

Il reste enfin le scénario excluant M. Conte, l'actuelle majorité choisissant un nouveau président du Conseil, ou encore celui d'élections anticipées.