Nous sommes en plein après-midi. Alors qu'elle se trouve dans un bus à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), la jeune femme remarque que trois jeunes ne respectent pas les distances de sécurité et ne portent pas le masque. Ni une ni deux, elle décide d'intervenir "sur un ton sympathique".

"Ces jeunes parlaient fort, rigolaient, tournaient la tête dans tous les sens, sans aucun respect des distances de sécurité. Je me suis sentie en danger. Je ne voulais pas me taire", explique-t-elle à divers médias français. "Les loulous, on peut mettre le masque s'il vous plait", demande-t-elle alors aux jeunes. "Mais le ton est rapidement monté"...

Plutôt que d'obtempérer, deux des jeunes l'insultent, la menacent "de mort et de viol" et finissent par la frapper. "L'un des deux m'a mis une gifle et j'ai été complètement sonnée", explique-t-elle. "L'autre m'a étranglée. Ils m'ont tellement frappée que je me suis retrouvée de l'autre côté du bus, j'aurais pu mourir", poursuit l'infirmière qui a reçu de nombreux coups "de poing et de pied" au niveau de la cage thoracique, du ventre et du visage.

Elle ne doit son salut qu'à l'intervention des passagers et de la police, appelée par le conducteur du bus. L'infirmière a reçu 5 jours d'incapacité totale de travail (ITT). Elle souffre de contusions, de bleus et de douleurs musculaires. Les deux jeunes, âgés de 16 ans, ont été interpellés et placés jeudi sous contrôle judiciaire. L'un des deux était déjà connu pour faits de violence.

Lisa espère désormais que cette agression pourra "ouvrir les yeux d'autres personnes qui sont anti-port du masque et sur la bêtise de leur démarche". "On parle d'un virus mortel. Jamais personne n'a cru que ce serait un danger de rappeler quelque chose qui devrait faire partie du respect, du civisme, de l'humanité même", déplore-t-elle.

Les politiques français ont unanimement dénoncé une attaque et une violence "intolérables".

Comme l'explique Le Figaro, ces dernières semaines, les agressions liées au non-respect du port du masque augmentent en France, notamment dans les transports. Le 10 juillet dernier, Philippe Monguillot, le chauffeur de bus de Bayonne est décédé après avoir été frappé par des passagers à qui il avait demandé de mettre le masque.