"Là où Emmanuel Macron s'exprime de façon alambiquée, et longuement, Jean Castex tranche dans le vif, et rapidement" pour dérouler en une heure le "plan de bataille" des 600 derniers jours du quinquennat, retient Yves Thréard, du Figaro.

"De la race des hussards noirs de la République salués par Charles Péguy", il "incarne cette forme de bon sens qui fait souvent défaut aux élites d'aujourd'hui", poursuit l'éditorialiste.

Premier ministre "de terroir" face à une communication présidentielle souvent "sur les hauteurs", la prestation de Jean Castex "ne pouvait que faire bonne impression", note Hubert Coudurier, dans Le Télégramme.

De cet "exercice hautement périlleux", Jean Castex "s'est plutôt bien tiré. Précis, concret, sobre, il a évité les envolées lyriques qui n'étaient pas de mise" et "marqué son territoire" en "prononçant ce mot à tous vents", souligne Bruno Dive, de Sud Ouest.

"L'honnêteté oblige à reconnaître que derrière les mots 'territoires', 'proximité', 'décentralisation', se cache une partie de la réponse au malaise français actuel", admet Paul Quinio de Libération: "Avec deux ans de retard, Jean Castex a prononcé mercredi un discours en forme de réponse à la crise des gilets jaunes".

"Ceux qui avaient cru voir en Castex la simple ombre portée de Macron sur Matignon peuvent rajuster leurs lunettes", conseille Didier Rose des Dernières Nouvelles d'Alsace. "Il est un peu plus. Et peut-être mieux que ça". "Macron est la publicité, Castex le catalogue des conditions générales de ventes", résume-t-il.

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"Nestor"

Pour Alain Dusart, de L'Est Républicain, l'homme "a quelque chose en lui de Nestor, mais au service de notre Tintin de l'Élysée", avec "la mission délicate de ramener Jupiter sur terre".

"Homme de dialogue", il "pourrait reproduire l'écart de popularité qui bénéficia à Édouard Philippe et signa sa perte", pronostique de son côté Hubert Coudurier, du Télégramme.

Le plan annoncé par le Premier ministre à l'Assemblée est, en revanche, un "saupoudrage sans ligne de force" qui "interroge sur les limites de l'exercice" du discours de politique générale, écrit Gilles Grandpierre dans L'Union.

Pour Daniel Muraz, du Courrier picard, le Premier ministre a donné l'impression "de ratisser large plutôt que de creuser profondément. Il lui reste encore à convaincre".

"Jean Castex a des tonnes de propositions. Il veut rassembler. Ses idées d'abord, peut-être", écrit Denis Daumin dans la Nouvelle République du Centre-Ouest.

Son discours "ne restera pas dans les annales, contrairement à ceux de Jacques Chaban-Delmas ou de Michel Rocard. On le présumait, on s'y attendait", nuance aussi dans la République des Pyrénées Jean-Marcel Bouguereau, pour qui les dix-huit mois qui restent avant la présidentielle semblent bien courts pour que le Premier ministre puisse "réaliser l'impressionnante liste de ses objectifs. S'il n'en réalisait qu'une petite fraction, ce serait déjà énorme".

La tâche s'apparente aux "aux douze travaux d'Hercule", abonde Hubert Coudurier

"Il a 600 jours, voire un peu moins, pour accomplir une liste de mesures qui tiendrait à peine dans un catalogue de La Redoute. L'emploi, l'économie décarbonée, la décentralisation, la jeunesse et 600 jours. Bon courage !", lui souhaite Pascal Ratinaud dans la Montagne.