Le ministre de l'Intérieur français Christophe Castaner a condamné mardi les incidents qui ont éclaté en soirée à Paris en marge d'une manifestation réunissant près de 20.000 personnes pour dénoncer les violences policières.

"La violence n'a pas sa place en démocratie", a-t-il pointé dans un message posté sur Twitter.

Jets de projectiles, tirs de gaz lacrymogènes, manifestants sur le périphérique, barricades... Des heurts ont émaillé ce rassemblement interdit par la préfecture de police en raison de la crise sanitaire. Il avait lieu dans le contexte des manifestations organisées aux Etats-Unis et dans d'autres pays, après la mort de George Floyd, un Américain noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc aux Etats-Unis la semaine passée.

Des affrontements sporadiques ont éclaté sur le périphérique, où des policiers ont reçu des jets de pierre et répliqué en tirant avec les LBD. Dans les rues, des barricades ont été érigées et des vélos ont été incendiés.


Dans la capitale française, l'appel avait été lancé par le comité de soutien à la famille d'Adama Traoré, jeune homme noir de 24 ans mort en 2016 après son interpellation.

En début de soirée, Assa Traoré, soeur aînée d'Adama Traoré, mort en 2016 après son interpellation dans le Val-d'Oise, avait lancé à la foule : "Aujourd'hui, ce n'est plus que le combat de la famille Traoré, c'est votre combat à vous tous (...). Aujourd'hui, quand on se bat pour Georges Floyd, on se bat pour Adama Traoré".

Face à la jeune femme, porte-parole du Collectif Adama, des manifestants, jeunes et de toutes origines, scandaient "Révolte" ou "Tout le monde déteste la police".

 

Mardi matin à Paris, la préfecture de police avait annoncé que la manifestation n'était pas autorisée en raison de l'état d'urgence sanitaire qui proscrit tout rassemblement public de plus de dix personnes, car elle n'avait "fait l'objet d'aucune déclaration préalable". La PP estimait également que "la tonalité de l'appel à manifester relayé par les réseaux sociaux laissait craindre que des débordements aient lieu sur un site sensible".

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, vient de réagir sur Twitter.