Europe La jeune fille enlevée et assassinée a Caracal a été prise dans une guerre de clans.

L’affaire Caracal, du nom de la ville où deux jeunes filles ont été séquestrées, violées et assassinées, n’en finit pas de secouer la Roumanie, dévoilant désormais la proximité entre la police locale et des groupes mafieux. Selon le journal Libertatea, le policier qui a répondu à l’appel à l’aide d’Alexandra Macesanu, l’adolescente de 15 ans alors enfermée dans la maison de son bourreau Gheorghe Dinca, s’est tourné vers le chef d’un groupe criminel pour obtenir des informations et des conseils. Selon les échanges qui ont fuité dans la presse, le policier a envoyé à Remus Radoi, surnommé "Codita" (petite queue), le numéro du téléphone avec lequel Alexandra avait appelé le 112, lui demandant d’en identifier le propriétaire. Sans succès. Il lui a envoyé ensuite la photo d’une voiture recherchée. Pendant des heures, la police a fourni des détails de l’enquête à M. Radoi, mais a aussi suivi ses fausses pistes.

Des mafias avec des alliés dans l’État

En effet, deux clans "dominent, avec brutalité, les contrats publics et les informations qui circulent dans la région d’Olt", explique Libertatea. "Codita", l’homme le plus redouté de la ville, connu pour avoir défiguré l’un de ses rivaux et dirigeant d’un réseau mafieux tentaculaire, a dirigé les forces de l’ordre vers les lieux du clan rival Oanca. Deux perquisitions ont ainsi été menées au mauvais endroit, pendant que Gheorghe Dinca découpait déjà en morceaux le corps d’Alexandra. La jeune fille est "pratiquement tombée au milieu d’une guerre entre deux clans qui essaient de s’éliminer mutuellement, en utilisant leurs alliés des structures de l’État", conclut le journal.

L’indignation est à son comble dans le pays et l’affaire continue à faire tomber des têtes. Vendredi, la Première ministre Viorica Dancila a limogé la ministre de l’Éducation, Ecaterina Andronescu, qui a déclaré que, "à son époque", on apprenait aux filles à ne pas monter dans la voiture d’un inconnu, en référence aux deux victimes, kidnappées après avoir fait du stop.