Jean-Pierre et Isabelle Fouillot, les parents d'Alexia, toucheront près de 130.000 euros. La soeur de la victime, Stéphanie Gay, son époux et leur fils, seront également indemnisés, de même que le parrain d'Alexia. En revanche, les autres parents de la victime ont été déboutés de leurs demandes.

Lors de l'audience sur les intérêts civils, le 22 février, les proches d'Alexia Daval avaient réclamé plus de 800.000 euros de dommages et intérêts, des demandes jugées "disproportionnées" par les avocats de Jonathann Daval.

Me Jean-Hubert Portejoie, avocat des parents, de la soeur et du beau-frère de la victime, avait toutefois fait valoir que ces demandes tenaient compte "de la médiatisation, de l'accumulation de drames vécus par les parties civiles et de leurs liens fusionnels avec Alexia".

Jonathann Daval a tué son épouse Alexia dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017 à leur domicile de Gray-la-Ville (Haute-Saône). Le lendemain il a transporté son corps dans un bois avant d'y mettre le feu et de donner l'alerte, soutenant que sa femme n'était pas revenue de son jogging. Le corps d'Alexia avait été retrouvé deux jours plus tard.

Pendant trois mois, Jonathann Daval avait montré le visage d'un veuf éploré dans les médias, avant d'être confondu, contribuant à alimenter la médiatisation intense de cette affaire en pleine vague #MeToo.

La famille d'Alexia va interjeter appel

Les membres de la famille d'Alexia Daval vont interjeter appel de la décision de la cour d'assises de Haute-Saône qui a condamné mardi Jonathan Daval à verser 165.000 euros de dommages et intérêts aux proches de la victime, ont indiqué leurs avocats.

"La perte d'Alexia dans des conditions tellement abjectes a manifestement été sous-estimée, nous allons donc interjeter appel de cet arrêt, même si celui-ci reste anecdotique dans la mesure où Jonathan Daval est insolvable", ont déclaré à l'AFP Me Jean-Hubert et Gilles-Jean Portejoie.

Selon Mes Portejoie, qui défendent les parents d'Alexia, sa soeur et son beau-frère, ainsi que plusieurs oncles et tantes, "le prochain et véritable débat aura lieu devant la Civi (Commission d'indemnisation des victimes d'infractions) qui statuera dans les prochaines semaines sur les montants payés par l'Etat".

La Civi "peut s'aligner sur la décision de la cour d'assises ou minorer ou majorer les sommes allouées", précisent les avocats qui demandent à la commission d'indemnisation "les mêmes sommes" que devant la cour.