"La libération par la force des territoires occupés conduira inévitablement à de nombreuses pertes civiles et militaires, ce qui est inacceptable pour l'Ukraine", a déclaré le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Rouslan Khomtchak.

Kiev soutient une solution "politique et diplomatique" pour récupérer les territoires qui lui échappent depuis le début de ce conflit en 2014, a-t-il souligné sur Facebook, dénonçant "une campagne de désinformation" pilotée par la Russie et affirmant que l'armée ukrainienne préparait une offensive.

L'Ukraine craint que Moscou, largement considéré comme le parrain militaire des séparatistes malgré ses dénégations, ne cherche un prétexte pour déclencher une invasion.

"Si le Kremlin cherche un casus belli en publiant cyniquement de fausses informations, le monde doit le prendre au sérieux", a déclaré mardi le ministère de la Défense.

Washington, Berlin et Paris ont de nouveau assuré l'Ukraine de leur soutien "contre les provocations russes" à l'issue de discussions téléphoniques vendredi entre le Secrétaire d'Etat américain, Anthony Blinken, et ses homologues français et allemand, Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas.

"Rhétorique dangereuse" 

Selon un porte-parole du Département d'Etat, MM. Blinken et Le Drian ont souligné que Moscou devait cesser "sa rhétorique dangereuse et irresponsable" et "ses renforcements militaires" en Crimée et le long de la frontière russo-urkainienne.

Kiev et les Occidentaux reprochent à Moscou d'avoir massé des troupes à la frontière ukrainienne et en Crimée, péninsule annexée en 2014, alors que les incidents armés dans l'Est de l'Ukraine sont devenus quasi-quotidiens.

Depuis le début de l'année, 26 militaires ukrainiens y ont été tués contre 50 sur l'ensemble de l'an dernier, selon la présidence ukrainienne. Les séparatistes ont, eux, fait état de la perte d'au moins une vingtaine de leurs combattants depuis janvier.

Face aux inquiétudes, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'est rendu jeudi et vendredi sur le front.

Navires américains 

La Russie accuse de son côté Kiev de préparer une offensive contre les rebelles, menaçant de venir à la rescousse de la population des zones séparatistes, où ont été distribués des centaines de milliers de passeports russes.

"Le comportement de la partie ukrainienne suscite le risque de combats de grande échelle", a affirmé vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

"En cas de début des combats et d'une répétition potentielle d'une catastrophe humanitaire similaire à Srebrenica, pas un seul pays au monde ne restera à l'écart (...) y compris la Russie", a-t-il ajouté, en référence au génocide de 1995 en Bosnie.

Kiev a multiplié ses contacts avec les Occidentaux, recevant le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel, qui "a demandé de réduire la présence militaire russe dans l'est de l'Ukraine" lors d'un entretien téléphonique jeudi avec le président russe Vladimir Poutine.

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a elle soutenu que le nombre de militaires russes à la frontière de l'Ukraine n'avait jamais été aussi élevé depuis le début du conflit en 2014.

Washington va envoyer deux navires de guerre en mer Noire via le détroit du Bosphore, selon le ministère turc des Affaires étrangères.

Moscou rétorque que ses mouvements de troupes n'ont rien de menaçant. "La Russie est libre de prendre des mesures pour assurer sa sécurité" face à la "situation explosive" en Ukraine, a affirmé vendredi M. Peskov.

La guerre dans le Donbass a commencé en avril 2014, dans la foulée d'une révolution pro-occidentale en Ukraine qui avait aussi été suivie de l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Ce conflit a fait plus de 13.000 morts et près d'1,5 million de déplacés. L'intensité des combats avait largement baissé après des accords de paix de Minsk en 2015, mais le règlement politique du conflit n'avance pas.