La chancelière Angela Merkel et le chef de l'Etat Frank-Walter Steinmeier assisteront dans la matinée à une messe dans l'église du Souvenir de l'Empereur Guillaume, lieu emblématique de Berlin consacré à la paix et la réconciliation.

Puis ils prendront part à une cérémonie retransmise par les télévisions publiques vers 11h00 GMT à la Konzerthaus, une salle de concerts au centre de Berlin, où M. Steinmeier prononcera un discours.

Le nombre d'invités a été limité en raison de la crise sanitaire.

Faire "une pause"

"Il est très important de faire une pause pour prendre congé dans la dignité de tous ceux qui sont morts pendant la pandémie, y compris ceux qui n'ont pas succombé au virus mais sont eux aussi morts dans la solitude", a déclaré le chef de l'Etat à l'annonce de cette commémoration nationale.

Les chefs des 16 régions allemandes ont parallèlement invité la population à déposer symboliquement une bougie à la fenêtre tous les soirs de ce week-end.

"Nous voulons prendre conscience de ce que nous avons perdu", ont-ils déclaré dans un appel commun, "mais aussi ensemble retrouver force et espoir".

Plusieurs pays ont déjà rendu des hommages nationaux à leurs victimes de la pandémie, notamment les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Espagne ou l'Italie. Dans d'autres, comme la France, la question du calendrier pour une telle commémoration, que réclament des associations et des élus, continue à faire débat.

A l'heure actuelle "toutes nos forces sont jetées dans la bataille contre l'épidémie (...) mais viendra évidemment ce moment de l'hommage et du deuil pour la Nation", a assuré cette semaine le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Le chef de l'Etat allemand a rencontré ces derniers mois des proches de victimes, souvent traumatisées.

Michaela Mengel, l'une de ses interlocutrices, a fondu en larmes en se souvenant comment elle a assisté aux derniers instants de sa fille à l'hôpital.

Elle l'avait vue pour la dernière fois peu après son admission, la veille de Noël. "Elle avait des tubes à oxygène dans le nez, elle me regardait avec ses grands yeux", a raconté Mme Mengel. Elle ne pouvait pas parler. "Je lui ai dit: +Au revoir ma chérie, je t'aime, maman va revenir+".

Controverse

La commémoration intervient au moment où l'Allemagne est durement frappée par la troisième vague de l'épidémie, alors qu'elle avait été plutôt épargnée lors de la première au printemps 2020 par rapport à ses voisins européens.

Le pays comptait dimanche 3,14 millions d'infections au Covid-19 pour près de 80.000 morts.

Dans le même temps la campagne de vaccination a mis du temps à décoller et les autorités sont sous le feu des critiques pour leur gestion jugée chaotique de la pandémie.

La chancelière Angela Merkel, qui campe sur une ligne de fermeté, a fait adopter cette semaine par son gouvernement un projet de loi lui permettant d'imposer à l'ensemble du pays un tour de vis, pouvant aller jusqu'à des couvre-feux au niveau local.

Cette mesure est toutefois très critiquée dans les régions allemandes, qui ont en principe la haute main sur les questions sanitaire dans le système fédéral national. Elle l'est y compris par des barons de son propre parti conservateur (CDU). Le texte doit encore être approuvé au Parlement.

"Le virus ne pardonne pas les demi-mesures, elles ne font que l'aggraver", a prévenu la chancelière vendredi en le défendant.