"Nous voulons rester en mesure de maintenir la fenêtre de dialogue ouverte avec Moscou à propos de défis majeurs, de désarmement, de changement climatique", a toutefois ajouté dans une interview à la Deutsche Welle Heiko Maas, ne souhaitant pas "commenter ou évaluer" le qualificatif de "tueur" que Joe Biden a approuvé au sujet de son homologue russe, Vladimir Poutine.

M. Poutine s'est moqué en retour jeudi de Joe Biden, avant de réaffirmer que la Russie défendrait ses intérêts face aux Etats-Unis.

Cette passe d'armes verbale semble précipiter la relation américano-russe dans une nouvelle spirale de tensions alors que, malgré leurs multiples désaccords, les deux puissances disaient, depuis le changement d'administration américaine, vouloir coopérer sur des dossiers d'intérêts communs.

"J'ai constaté qu'aux États-Unis, le langage est très clair en ce qui concerne les activités russes, par exemple en Syrie, mais aussi lorsqu'il s'agit d'influencer les élections dans des pays tiers", salue dans l'interview M. Maas, qui a ensuite réitéré une partie de ses propos jeudi lors d'une conférence de presse.

"Donc là où c'est nécessaire, vous pouvez supposer que seront abordées aux Etats-Unis, dans un langage très clair, les choses qui ne vont pas dans la relation avec la Russie ou dans les activités russes", poursuit-il.

"Je pense qu'il s'agit d'un signal important indiquant que la politique étrangère américaine sera très claire, d'une part en ce qui concerne les droits de l'homme et les libertés, et d'autre part (en laissant) la fenêtre de dialogue ouverte avec Moscou" sur des sujets comme le désarmement ou le changement climatique, a fait valoir M. Maas.

Moscou et Berlin entretiennent ces dernières années des relations complexes. Les deux pays mènent en commun le projet controversé de gazoduc Nod Stream 2. Plusieurs affaires d'espionnage imputées à la Russie, la situation de la Crimée ou encore l'empoisonnement de l'opposant Alexeï Navalny, soigné en Allemagne, ont en revanche suscité de graves tensions.