Le secrétaire-général de la Commission européenne, l'Allemand Martin Selmayr, quittera son poste d'ici "la fin de la semaine prochaine", a-t-il indiqué mardi à Politico Europe. 

La veille, sa compatriote Ursula von der Leyen, qui brigue la tête de l'exécutif de l'UE, avait annoncé aux députés du Parti populaire européen (PPE, conservateur) qu'elle comptait se passer des services de M. Selmayr si elle était élue.

"Il y a une règle non écrite qui fait que l'on ne peut pas avoir deux personnes de la même nationalité en position de pouvoir à la Commission européenne", avait-elle déclaré aux membres de sa famille politique.

Martin Selmayr a été promu le 21 février 2018 au rang de secrétaire général, le poste le plus élevé de l'administration de la Commission, dans des conditions controversées.

Depuis lors, le Parlement européen a voté une résolution demandant son départ et la médiatrice de l'UE a remis un rapport particulièrement critique sur les conditions de sa nomination.

L'actuel président de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker, avait averti que le maintien de Martin Selmayr à cette fonction dépendrait de la décision de son successeur.

Pour accéder à la présidence de l'exécutif, Mme von der Leyen doit encore obtenir ce mardi une majorité absolue au Parlement européen. Si c'est le cas, elle a été claire sur ses intentions à l'égard de son compatriote.

A Politico Europe, M. Selmayr a déclaré que la Commission à venir était "un projet franco-allemand". A ses yeux, c'est une "bonne chose" et il serait donc logique qu'un Français reprenne le secrétariat général.

Ces déclarations pourraient bien irriter certains eurodéputés, qui rechignent à soutenir Mme von der Leyen, arguant justement craindre qu'elle soit inféodée aux Etats membres, et en particulier à la France et l'Allemagne.