"Les mouvements militaires dans des territoires disputés sont irresponsables et sont des provocations inutiles", a déclaré la porte-parole du département d'Etat américain Jalina Porter.

"Nous attendons de l'Azerbaïdjan le retrait immédiat de toutes ses troupes et l'arrêt des provocations", a-t-elle précisé à la presse.

L'Arménie a accusé jeudi les forces azerbaïdjanaises d'avoir transgressé la frontière pour prendre le contrôle de territoires au bord du lac Sev, que bordent les deux pays.

Ce petit lac de haute montagne est situé en lisière d'un territoire que l'Azerbaïdjan a reconquis l'automne dernier lors du conflit du Karabakh.

Bakou a rejeté ces accusations, qualifiées d'"ahurissantes", affirmant avoir déployé des gardes-frontières sur son propre territoire.

L'Arménie a indiqué vendredi avoir demandé l'assistance de la Russie, militaire notamment, et a assuré que la France envisageait de mettre le sujet à l'agenda du Conseil de Sécurité de l'ONU.

L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont affrontés à l'automne 2020 pour le contrôle du Nagorny Karabakh, une région séparatiste arménienne en territoire azerbaïdjanais, un conflit qui s'est soldé par plus de 6.000 morts et une défaite d'Erevan, qui a dû rétrocéder d'importants territoires à Bakou.

Malgré un cessez-le-feu signé sous l'égide de Moscou et le déploiement de soldats russes de maintien de la paix, les tensions persistent dans la région.

Les Etats-Unis entretiennent des relations étroites avec l'Arménie et le président Joe Biden a effectué un geste diplomatique fort le mois dernier, reconnaissant comme génocide le massacre d'Arméniens par l'Empire ottoman entre 1915 et 1917. La Turquie rejette cette qualification et faisait pression depuis plusieurs années sur les Etats-Unis pour empêcher cette reconnaissance.

Mais Washington veille aussi à maintenir des relations avec l'Azerbaïdjan, acteur crucial du secteur énergétique et partenaire d'Israël, allié des Etats-Unis.