Le sous-marin militaire avait sombré corps et biens, le 27 janvier 1968.

Un demi-siècle après le drame, l’épave du sous-marin militaire la Minerve, disparu le 27 janvier 1968 avec 52 hommes à bord, a été retrouvée dimanche au large de Toulon. Depuis toutes ces années, la Minerve reposait par 2 370 m de fond, brisée en trois morceaux, à 18,5 milles marins (35 km) des côtes.

Le sous-marin avait coulé en quatre minutes à peine, il y a 51 ans, alors qu’il évoluait dans la rade, pour une mission de routine. La ministre française de la Défense, Florence Parly, avait ordonné la relance des recherches au début de l’année. L’arrivée sur le site le 16 juillet, douze jours après la reprise des recherches, du Seabed Constructor, de la compagnie américaine privée Ocean Infinity, a permis de confirmer la localisation de l’épave. Ce navire équipé de la technologie la plus sophistiquée, dont des caméras sous-marines capables de filmer les fonds marins jusqu’à 6 000 mètres de profondeur, avait déjà permis de retrouver la trace du sous-marin argentin San Juan, disparu avec 44 hommes à bord au large de l’Argentine en novembre 2018. Après une première cartographie des fonds marins établie par l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, ce sont les drones du Seabed Constructor qui ont apporté dimanche la confirmation visuelle de l’emplacement de la Minerve.

Les causes du naufrage à déterminer

"C’est un soulagement, une énorme émotion" pour les familles des marins disparus, a réagi auprès de l’AFP Hervé Fauve, le fils du commandant de la Minerve, lundi matin. Grâce à son site Internet consacré à la catastrophe, M. Fauve avait réussi à fédérer 41 des 52 familles touchées. "La plupart des parents des marins sont morts. Il n’en reste que quatre ou cinq, tous les autres sont les épouses ou les enfants", détaille M. Faure, qui a annoncé la nouvelle à toutes les familles.

Les causes du naufrage de la Minerve restent inconnues. Avarie des deux barres arrière, collision avec un bateau, explosion d’un missile, d’une torpille, accident du tube d’aération : de multiples causes avaient été avancées pour expliquer l’accident. Mais les premiers éléments permettent "d’écarter ces suppositions farfelues qui ont fait souffrir les familles, comme celle d’un problème avec les Russes, ou d’un abordage violent", relève Thérèse Scheirmann-Descamps, veuve d’un des marins. "C’est un accident", assure-t-elle, même si les autorités n’avaient donné aucune précision sur les causes de la catastrophe lundi en milieu de journée.

Pas d’espoir par contre de remonter les corps, confirme Hervé Fauve : "Un sous-marin israélien, le Dakar , avait coulé au large de Chypre deux jours avant la Minerve . Quand l’épave avait été retrouvée, en 1999, il ne restait plus rien." Ce qu’il attend, maintenant, c’est la cérémonie qui doit être organisée, en mer, à la verticale de l’épave : "Pour leur dire un dernier adieu"

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