Tournant le dos à près d’un demi-siècle dans le giron européen, le Royaume-Uni a entamé vendredi, en même temps que 2021, sa nouvelle vie d’après le Brexit, sans perturbations immédiates mais avec de nombreuses inconnues.

Le Premier ministre Boris Johnson a promis dans le Daily Telegraph "une année de changement et d’espoir", quatre ans et demi après le référendum ayant déchiré le Royaume-Uni, vantant l’accord de libre-échange conclu juste avant Noël avec Bruxelles. Avec la fin de l’application des règles européennes depuis jeudi soir à 23 h (heure locale), le Brexit offrira des "opportunités pour transformer" le pays, selon lui.

Un 1er janvier sans accroc

Vendredi matin, alors que les premiers ferries sont partis vers la France, le port anglais de Douvres est resté plongé dans le calme, sans les encombrements tant redoutés après la sortie du Royaume-Uni du marché unique et de l’union douanière, et l’entrée en vigueur de nouvelles formalités des deux côtés de la Manche. Près de 200 camions ont aussi emprunté le tunnel sous la Manche dans la nuit, "sans aucun problème" malgré le rétablissement de formalités douanières, selon son exploitant, Getlink.

Un risque de pagaille d’ici peu

Mais, si le calme régnait vendredi, des perturbations autour des ports sont anticipées avec la reprise d’activité à plein régime la semaine prochaine, si les nouvelles formalités ralentissent la circulation et allongent les files de camions. Ainsi, le port de Holyhead, important terminal au pays de Galles, proche de l’Irlande, pourrait connaître "des retards au cours des prochaines semaines", a prévenu sur Twitter le centre d’information routière gallois. Six chargements y ont été refusés vendredi car ils n’étaient pas en règle.

"Nous allons désormais voir les 80 milliards d’euros d’échanges commerciaux à travers la mer d’Irlande entre le Royaume-Uni et l’Irlande perturbés par beaucoup plus de contrôles et de déclarations, de la bureaucratie et de la paperasserie, et des coûts et retards", a regretté le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, sur la BBC.

En Irlande, une association de transporteurs a dit craindre des semaines de "pagaille" dans les ports.

Contrairement à l’UE, le gouvernement britannique a décidé de mettre en œuvre graduellement les contrôles douaniers, qui ne concerneront toutes les marchandises qu’à partir de juillet.

Malgré ces nouvelles contraintes avec le principal marché du Royaume-Uni, le Conservateur Boris Johnson a fait miroiter à ses compatriotes une nouvelle ère pleine de promesses et une place renforcée dans le monde pour son pays, comme champion du libre-échange. Avec la présidence du G7 et l’organisation de la conférence sur le climat Cop26 cette année, 2021 sera "une année très importante" pour le rayonnement du Royaume-Uni, a-t-il assuré.

Des accords commerciaux ont déjà été signés avec une soixantaine de pays, dont le Japon, mais le compromis tant convoité avec les États-Unis pourrait buter sur le départ de Donald Trump, Brexiter convaincu, contrairement à son successeur à la Maison-Blanche, Joe Biden.