L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé vendredi que l'Europe était désormais l'"épicentre" de la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus, avertissant qu'il était "impossible" de savoir quand aurait lieu le pic au niveau mondial.

"L'Europe est actuellement l'épicentre de la pandémie du Covid-19", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse à Genève.

Il a expliqué que désormais, en excluant la Chine, le continent européen avait fait état de plus de cas et de morts que partout ailleurs dans le monde.

La pandémie a causé la mort de plus de 5.000 personnes dans le monde, en majorité en Chine continentale, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles. Depuis l'apparition du virus en décembre dans ce pays, plus de 134.000 personnes ont été contaminées, dans 121 Etats et territoires.

Selon l'OMS, le nombre des nouveaux cas recensés chaque jour dans le monde est désormais plus élevé que ceux signalés par la Chine au plus fort de l'épidémie dans ses frontières.

A un moment où les pays multiplient les mesures exceptionnelles pour affronter la pandémie, l'OMS a reconnu qu'il était encore "impossible" de déterminer quand aurait lieu son pic.

"Nous espérons que ce sera plus tôt que plus tard" mais "cela dépendra de la réaction des pays face à leur premier cas" et de leur "approche agressive" ou non, a affirmé aux médias Mme Maria Van Kerkhove, un des responsables de la réponse de l'OMS au Covid-19.

Le patron de l'OMS a, de son côté, une fois de plus appelé le monde à traquer le nouveau coronavirus : "On ne peut pas combattre un virus si on ne sait pas où il se trouve. Trouvez, isolez, testez et traitez chaque cas, pour briser les chaînes de transmission du Covid-19".

Il a également demandé que la riposte mise en place par les pays ne soit pas uniquement fondée sur des mesures de "distanciation sociale", mais sur une approche globale, impliquant également de tester tous les porteurs du virus, de rechercher leurs contacts et de les placer en quarantaine.

"Ne laissez pas ce feu se propager", a-t-il lancé.

Il a ainsi souligné que les mesures prises notamment par la Chine, la Corée du Sud et Singapour combinant une politique "agressive" de détection des cas grâce aux tests, de traçage des contacts, de distanciation sociale et de mobilisation des populations pouvaient éviter les contaminations et sauver des vies.

Face à la pandémie, l'OMS n'est pas en reste, son directeur général ayant mis en place vendredi un Fonds de réponse solidaire, destiné à recevoir des contributions d'entreprises, comme Google et Facebook l'ont déjà fait, de fondations, d'institutions ou même d'individus. Début février, l'OMS avait demandé 675 millions de dollars (613 millions d'euros) pour combattre le coronavirus jusqu'en avril.

© AFP