Si la situation est très loin d’être maîtrisée aux États-Unis ou en Amérique du Sud, c’est l’Europe qui, actuellement, subit les assauts les plus rudes de la pandémie de coronavirus. Sur l’ensemble du continent européen, le nombre des contaminations, depuis le début de la pandémie, s’approche des 8,7 millions et plus de 261 000 personnes sont mortes de cette maladie. Dont quelque 10 003 en Allemagne , jusqu’ici relativement épargnée mais désormais frappée de plein fouet. Ces quarante-huit dernières heures, un renforcement de mesures a été annoncé par trois grandes capitales européennes.

Espagne 

À Madrid, tout d’abord, le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez a annoncé, dimanche, l’instauration d’un état d’urgence sanitaire pour une durée de six mois sur tout le territoire. Il s’agit du deuxième état d’urgence décrété en Espagne, après celui instauré en mars pour contrer la première vague de la pandémie, qui avait duré jusqu’en juin.


Cette annonce s’accompagne d’un couvre-feu dans tout le pays afin de tenter de briser la deuxième vague de Covid-19. "La situation que nous traversons est extrême", a déclaré M. Sanchez dans une allocution télévisée à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire, alors que l’Espagne a franchi, la semaine dernière, le cap du million de cas de Covid-19 et est confrontée à une recrudescence en apparence incontrôlable de la pandémie.

Concernant le couvre-feu, le chef du gouvernement espagnol a indiqué qu’il durerait, en principe, de 23 h à 6 h, avec la possibilité pour les régions d’avancer ou de retarder d’une heure son début. Seul l’archipel des Canaries, au large des côtes nord-ouest de l’Afrique, n’y sera pas soumis en raison de la faible incidence du coronavirus.


Italie 

À Rome, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a renforcé, dimanche, les restrictions contre la pandémie après la publication de chiffres record. La décision du chef du gouvernement est intervenue malgré l’opposition des gouverneurs de régions et des manifestations nocturnes qui se sont produites, à Rome et à Naples, contre le couvre-feu.

À partir de ce lundi, les cinémas, les théâtres, les salles de gym et les piscines vont devoir fermer jusqu’au 24 novembre, selon ces nouvelles restrictions, alors que les bars et les restaurants devront cesser de servir après 18 heures.

Quelque 20 000 nouveaux cas de coronavirus ont été enregistrés lors des 24 dernières heures en Italie, selon le comptage annoncé par les autorités samedi, un record national. Au total, plus de 500 000 cas d’infection et 37 000 décès ont été recensés dans le premier pays européen à avoir été durement frappé par la pandémie.

"L’objectif est clair : garder la courbe de contagion sous contrôle, car c’est le seul moyen de pouvoir gérer la pandémie sans être submergés", a expliqué, dimanche, le Premier ministre lors d’une conférence de presse. Il a ajouté que ces mesures étaient nécessaires pour éviter un reconfinement comme celui du printemps, "que le pays ne peut plus se permettre".

Les écoles et les maternelles resteront cependant ouvertes, alors que 75 % des classes dans les lycées et les universités se tiendront en ligne. La population italienne a été appelée à éviter le plus possible les transports en commun et les déplacements hors de leurs quartiers.

France 

À Paris, les députés ont voté samedi la prolongation, jusqu’au 16 février, de l’état d’urgence sanitaire, un régime d’exception qui autorise l’exécutif à mettre en place des restrictions face à la crise. Le couvre-feu (de 21 h à 6 h), qui concernait 20 millions de personnes, a été étendu à 46 millions d’habitants, et ce pour six semaines.


L’épidémie a déjà contaminé plus d’un million de personnes en France. Plus de 45 000 nouveaux cas de Covid-19 y ont été enregistrés en 24 heures, un nouveau record.