La justice veut savoir si l’emploi de l’assistant de l’ex-eurodéputée Modem n’était pas fictif.

L’ex-eurodéputée et actuelle n°3 de la Banque de France Sylvie Goulard a été mise en examen vendredi pour détournement de fonds publics dans l’affaire des emplois présumés fictifs des assistants de députés européens Modem. Cette enquête avait barré la route de la Commission européenne à Sylvie Goulard, candidate désignée par le président français Macron. En octobre, le Parlement européen avait refusé sa nomination au poste de commissaire en charge du Marché unique, notamment en raison des suspicions qui pèsent sur Mme Goulard dans cette affaire. La Française avait refusé de dire aux députés qu’elle démissionnerait de son poste si elle devait être mise en examen.

Eurodéputée de 2009 à 2017 au sein du groupe libéral-démocrate, Sylvie Goulard est mise en cause dans cette affaire notamment pour l’emploi d’un de ses assistants parlementaires, Stéphane Thérou. Cet été, elle avait accepté de rembourser au Parlement européen 45 000 euros, une somme correspondant à huit mois de salaire de M. Thérou, pour lequel elle n’avait pas pu fournir "de preuve de travail". Le 30 août, le Parlement européen avait clos la procédure la concernant.

L’ouverture d’une enquête préliminaire du parquet de Paris, en juin 2017, avait déjà entraîné la démission de Sylvie Goulard du poste de ministre des Armées, ainsi que celle des autres ministres Modem, Marielle de Sarnez (Affaires européennes) et le président du parti, François Bayrou, nommé à la Justice. Celui-ci sera convoqué par la justice vendredi.