L'ancien Premier ministre danois cite "la Russie, mais pas seulement, car les enjeux sont importants". "La Chine s'intéresse aussi de plus en plus à ce qu'il se passe en Allemagne."

L'expérience de ces dernières années a montré qu'aucun membre de l'Union européenne n'est plus souvent et plus âprement la cible de la désinformation que l'Allemagne, a déclaré M. Rasmussen. "Depuis 2015, plus de 700 tentatives d'influence de l'opinion publique ont été enregistrées en Allemagne, soit un nombre plus élevé que toutes les tentatives recensées en France, en Italie et en Espagne additionnées."

La Russie s'intéresse tout particulièrement à l'Allemagne en raison, notamment, du projet controversé du gazoduc Nord Stream 2 entre les deux pays. Ce gazoduc devrait doubler la quantité de gaz naturel russe acheminé vers l'Allemagne via la mer Baltique, dans le but de fournir à Berlin une énergie abordable alors que le pays abandonne progressivement le charbon et l'énergie nucléaire. Les États-Unis affirment quant à eux que ce projet augmentera la dépendance énergétique de l'Europe vis-à-vis de la Russie et menacent de sanctions "toutes les entités impliquées" dans ce gazoduc.

Ainsi, poursuit l'ex-secrétaire général de l'Otan, les Verts, qui se montrent méfiants envers la Russie et critiques envers le Nord Stream 2, sont bien placés dans les sondages pré-électoraux et pourraient intégrer le prochain gouvernement. "La Russie a intérêt à tenter d'influencer le résultat des élections, pour que s'en dégagent une majorité en faveur d'une coopération avec Moscou."

Bien qu'il s'agisse d'une élection, et d'une décision, allemandes, ce vote de septembre aura des conséquences dans toute l'Europe, conclut M. Rasmussen.