"Tout ce qu'elles disent est vrai", a lancé l'accusé dans son box, selon plusieurs avocats interrogés par l'AFP.

Il était pourtant apparu "froid" et "fermé" au début de l'audience lundi, selon plusieurs acteurs du procès, mais l'ex-chirurgien a semblé fendre "l'armure" mercredi, veille attendue du verdict. Ce sera aussi le jour de son 70e anniversaire.

"C'est la première fois qu'il reconnaît des pénétrations, c'est un vrai soulagement pour les victimes", a annoncé Me Delphine Driguez. "Il a clairement reconnu les viols sur les victimes qui étaient présentes aujourd'hui à l'audience, les prescrites et non prescrites", dont ses deux nièces, les filles de sa sœur, a-t-elle précisé.

"Par rapport au début du procès, il s'est un tout petit peu ouvert mais je ne parlerais pas quand même d'humanité", plutôt d'un "semblant de volonté de moins s'enfermer dans son monde (...) Elles attendent ce moment depuis 35 ans", a ajouté l'avocate

"Il a reconnu les viols pour les deux nièces, l'une des deux a réussi à le faire craquer. Il a pleuré", a relaté à son tour l'avocat de l'association partie civile La Voix de l'Enfant, Frédéric Benoist, dans la salle des pas perdus du palais de justice néo-classique, là où s'ébruitent les moments d'audience.

Le chirurgien à la retraite est renvoyé devant cette cour pour avoir agressé sexuellement sa nièce Aurélie* dans les années 90 à Loches et une patiente, Amélie* ainsi que pour des faits de viols sur Héléna*, l'autre nièce à la même période et en 2017 sur Lucie* sa petite voisine à Jonzac.

C'est Lucie qui avait permis son arrestation en mai 2017, point de départ d'une affaire de pédophilie tentaculaire, probablement la plus importante connue en France. Jusqu'ici, il reconnaissait des agressions sexuelles mais avait toujours nié les faits de viols, punissables de 20 ans de réclusion criminelle.

A Saintes, ne sont examinés qu'une infime partie des faits désormais reprochés au chirurgien: depuis octobre, il est mis en examen dans un deuxième volet à Lorient pour viols et agressions sexuelles sur 312 victimes potentielles identifiées à la lumière de ses "carnets", retrouvés chez lui en 2017, dans lesquels il avait consigné le récit de leurs agressions sur 30 ans de carrière à l'hôpital. Il a reconnu certains faits.