Cette déclaration volontaire, présentée par son avocat, est liée à une enquête anti-corruption en cours sur l'utilisation par l'ancien monarque de cartes de crédit, selon des sources citées par le journal.

Juan Carlos, qui s'est exilé aux Émirats arabes unis en août, est actuellement visé par trois enquêtes judiciaires. L'une d'elle porte sur l'utilisation présumée par l'ancien souverain de cartes de crédit liées à des comptes bancaires qui ne sont pas à son nom, afin de savoir s'il a utilisé des prête-noms pour blanchir de l'argent, a appris début novembre l'AFP de sources judiciaires.

L'enquête porte sur des comptes bancaires aux noms d'un entrepreneur mexicain et d'un officier de l'armée de l'air espagnole, selon ces sources. Elle a pour but de connaître l'origine de ces fonds et de savoir si l'ancien roi les a utilisés.

S'il est avéré que Juan Carlos a utilisé des fonds soustraits au fisc, l'ancien souverain, qui avait abdiqué en juin 2014, s'exposerait à des poursuites pour délit de blanchiment d'argent.

Un porte-parole de fisc espagnol interrogé par El Pais sur la déclaration volontaire de l'ex-roi a indiqué ne pas pouvoir faire de commentaires sur des cas spécifiques, pour des raison juridiques.

Le cabinet de l'avocat de Juan Carlos n'a pas répondu aux sollicitations.

Selon El Pais, le Trésor espagnol analyse le document et décidera dans les prochains jours s'il a besoin de plus d'informations et quelle mesure prendre.

L'ancien monarque est visé par deux autres enquêtes. La première concerne de possibles délits de corruption dans le cadre de l'attribution à des entreprises espagnoles d'un contrat pour la construction d'un train à grande vitesse en Arabie saoudite en 2011.

Au centre de l'affaire, un virement de 100 millions de dollars que Juan Carlos aurait, selon le journal suisse La Tribune de Genève, reçu en 2008 sur un compte en Suisse en provenance de l'Arabie saoudite.

Une troisième enquête judiciaire a été ouverte à son égard après un rapport du service de prévention du blanchiment de capitaux et confiée au Tribunal suprême, seul habilité à juger un ancien souverain, a annoncé la justice espagnole en novembre.

Les justices espagnole et suisse épluchent par ailleurs les comptes en banque de l'ancien monarque, qui a quitté l'Espagne en août en affirmant vouloir ainsi "faciliter l'exercice" de ses fonctions à son fils et actuel roi, Felipe VI.