L'Italie, pays d'Europe le plus touché par le coronavirus, a enregistré en 24 heures 133 nouveaux décès, ce qui porte à 366 le nombre total de morts depuis le début de l'épidémie, selon un bilan officiel publié dimanche.

Le nombre de cas positifs grimpe à 7.375 (+1.492 par rapport à samedi). La Lombardie, la région de Milan placée sous quarantaine, reste la région la plus touchée avec 4.189 cas et 267 décès.

De plus, les autorités italiennes sont en train d'acheter 22 millions de masques de protection pour affronter l'épidémie de coronavirus, a annoncé dimanche le chef de la Protection civile. "Nous sommes en train de signer une série de contrats qui nous permettront d'avoir à notre disposition entre le 12 mars et le 30 avril 22 millions de masques de type chirurgical", a précisé Angelo Borrelli lors de sa conférence de presse quotidienne.

La France, quant à elle, a passé le seuil du millier de personnes contaminées au Covid-19 dimanche à 15H00, le bilan s'élevant désormais à 19 morts et 1.126 cas confirmés, selon les chiffres officiels. Le chef de l'Etat Emmanuel Macron réunit dimanche soir un conseil de Défense à l'Elysée, qui sera suivi d'une conférence de presse du ministre de la Santé Olivier Véran et du directeur général de la Santé Jérôme Salomon.

France: interdiction de tout rassemblement de plus de 1.000 personnes

Les rassemblements de plus 1.000 personnes seront désormais interdits en France pour freiner la propagation du coronavirus, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran à l'issue d'un Conseil de Défense à l'Elysée de plus de deux heures. "A l'échelle nationale, tous les rassemblements de plus de 1.000 personnes sont désormais interdits. Les préfets, les ministères feront remonter une liste d'événements considérées comme utiles à la vie de la nation: les manifestations en feront partie, comme les concours ou encore le recours aux transports en commun", a-t-il précisé.

Les rassemblements de plus de 5.000 personnes étaient déjà interdits jusqu'à la mi-avril.


L'Italie place en quarantaine un quart de sa population

L'Italie, désormais pays le plus touché par l'épidémie de coronavirus après la Chine, a mis dimanche un quart de sa population en quarantaine, une mesure inédite en Europe décidée par Rome pour tenter d'endiguer la maladie qui a contaminé plus de 109.000 personnes dans le monde et fait un premier mort sur le continent africain.


Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué les mesures "courageuses" et les "véritables sacrifices" consentis en Italie, où 133 décès ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures.

Les mesures de confinement, valables jusqu'au 3 avril, couvrent une vaste zone dans le Nord du pays allant de Milan, la capitale économique, à Venise, haut lieu du tourisme mondial.

Plus de 15 millions d'Italiens dans cette "zone rouge" voient leurs déplacements strictement limités. Les frontières restent ouvertes pour l'heure avec les pays voisins. Les deux aéroports milanais et celui de Venise restent toutefois ouverts, avec un nombre de vols réduits.

Les pays voisins de l'Italie (France, Suisse, Autriche, Slovénie) ont pour l'instant laissé leurs frontières ouvertes, avec quelques restrictions.

Cette mesure radicale évoque celle utilisée dans la province chinoise du Hubei où l'épidémie a démarré en décembre (56 millions d'habitants en quarantaine).

Et l'inquiétude gagne d'autres gouvernements européens: le ministre allemand de la Santé Jens Spahn a appelé dimanche à annuler toutes les manifestations de plus d'un millier de personnes, et prépare des mesures de soutien économique.

Mais la Ligue allemande de football a refusé catégoriquement de modifier son programme.

Les cas d'infection augmentent rapidement en Allemagne: 847 contaminations, soit dix fois plus qu'une semaine auparavant.

L'Egypte a annoncé dimanche son premier décès lié au coronavirus, le premier sur le continent africain: il s'agit d'un Allemand de 60 ans. Par ailleurs, un bateau de croisière avec 171 passagers dont 101 touristes étrangers, a été évacué à Louxor (sud) après la découverte de 45 cas, portant le nombre de cas en Egypte à 48.

L'Arabie saoudite a elle annoncé dimanche le bouclage "temporaire" de la région de Qatif (est), à majorité chiite, où ont été enregistrés à ce jour les 11 cas de nouveau coronavirus dans le pays, la plupart de retour d'Iran.

Et à Moscou, quiconque ne respecterait pas les mesures de quarantaine risque désormais jusqu'à cinq ans de prison.

L'Italie, avec plus de 7.375 cas et 366 décès, est avec l'Iran et la Corée du Sud l'un des pays les plus touchés en dehors de la Chine. C'est le pays d'Europe le plus durement frappé.

A Milan, les rues étaient peu fréquentées et calmes dimanche. Le confinement concerne toute la Lombardie et les provinces septentrionales de Modène, Parme, Piacenza, Reggio Emilia, Rimini (dans la région d'Emilie-Romagne), Pesaro et Urbino (région des Marches, centre-est), Alessandria, Asti (Piémont, nord-ouest), mais aussi Padoue, Trévise, et Venise (en Vénétie, nord-est).

Là, musées, salles de sport, piscines, discothèques, salles de jeux et pubs doivent rester fermés, selon le décret signé dans la nuit par le chef du gouvernement Giuseppe Conte.

L'Italie annonce l'achat de 22 millions de masques

Les autorités italiennes sont en train d'acheter 22 millions de masques de protection pour affronter l'épidémie de coronavirus, a annoncé dimanche le chef de la Protection civile.

"Nous sommes en train de signer une série de contrats qui nous permettront d'avoir à notre disposition entre le 12 mars et le 30 avril 22 millions de masques de type chirurgical", a précisé Angelo Borrelli lors de sa conférence de presse quotidienne.

Le président portugais se met en quarantaine

Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa a annoncé dimanche qu'il se mettait de lui-même en quarantaine, par précaution, suspendant toute activité publique au Portugal et à l'étranger pendant deux semaines.

Il a justifié cette décision inédite en expliquant qu'il avait été en contact la semaine dernière avec des élèves d'une école du nord du Portugal, fermée ensuite après la découverte d'un cas de coronavirus. "Ni l'élève hospitalisé ni sa classe n'ont participé à cette rencontre", précise toutefois le communiqué publié sur le site de la présidence. Le chef de l'Etat "ne présente aucun symptôme" et il poursuivra ses activités depuis le palais présidentiel. Le communiqué souligne que le président a décidé de suivre les recommandations des autorités sanitaires, car il estime qu'en matière de prévention il doit "donner l'exemple". Le Portugal connaît depuis samedi une hausse du nombre de cas de Covid-19, particulièrement dans le nord du pays. Le pays a franchi samedi le seuil des 20 cas confirmés, contre 13 vendredi soir. Pour y faire face, les autorités ont annoncé un ensemble de mesures pour le nord du Portugal: suspension temporaire des visites dans les hôpitaux, les maisons de retraite et les prisons, fermeture d'une école et des installations de deux universités.

Révoltes dans 4 prisons contre de nouvelles règles liées au virus

Des révoltes ont éclaté dimanche dans quatre prisons italiennes, provoquées par de nouvelles règles destinées à enrayer l'épidémie du coronavirus en interdisant les visites familiales, a annoncé un syndicat de personnel pénitentiaire. "Suite à des modifications introduites par le gouvernement sur les visites en prison entre détenus et leurs familles, à cause du coronavirus, des protestations de détenus sont en cours dans les établissements pénitentiaires de Naples Poggioreale (sud), Modène (nord), Frosinone (centre) et Alexandrie (nord-ouest)", précise l'organisation syndicale autonome de la police pénitentiaire (Osapp).

Dans la prison de Frosinone (sud de Rome), une centaine de détenus se sont barricadés dans une section de l'établissement, et la police est intervenue pour rétablir l'ordre. Les prisonniers ont dressé une liste de revendications, dont la possibilité de visites de leurs proches, et tentent de négocier avec la direction, selon l'agence italienne Agi.

Une révolte plus violente a éclaté pour les mêmes motifs dans la prison de Modène (près de Bologne). Deux agents de sécurité ont été blessés et une vingtaine de membres du personnel ont dû quitter la prison, désormais gardée par la police, selon l'agence Ansa.

Aux alentours de la prison de Poggioreale, une banlieue de Naples, les familles sont également venues soutenir dans la rue la fronde des détenus.