Le tueur en série Michel Fourniret est décédé lundi à 15 heures à l’Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de la Pitié-Salpétrière, à Paris. Celui qu’on surnommait l’"Ogre des Ardennes" était hospitalisé depuis le 28 avril dans cette unité dépendant du centre pénitentiaire de Fresnes, où il purgeait deux peines de prison à perpétuité pour les meurtres de huit personnes.

L’homme, âgé de 79 ans, avait été placé dans le coma. Son pronostic vital était engagé et jugé "non réversible". Ces derniers mois, l’état de santé de Fourniret, incarcéré au centre pénitentiaire de Fresnes, s’était fortement détérioré. Le septuagénaire, qui souffrait de problèmes cardiaques et de la maladie d’Alzheimer, avait déjà dû être hospitalisé en urgence à plusieurs reprises. Placé dans le coma, son état était jugé irréversible.

Des peines incompressibles

L’"Ogre des Ardennes" avait été déclaré coupable en 2008 des meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001 et condamné à la perpétuité incompressible. La jeune Belge Élisabeth Brichet, enlevée près de son domicile à Saint-Servais (Namur) le 20 décembre 1989 - elle était alors âgée de 12 ans -, figure parmi les victimes du tueur en série.

Fourniret avait ensuite été une nouvelle fois condamné à perpétuité en 2018 pour un assassinat crapuleux lié au trésor du gang des postiches.

Mis en examen, pas encore jugé

Michel Fourniret devait encore répondre de plusieurs crimes devant la justice, pour lesquels il avait été mis en examen mais pas encore jugé. En mars 2020, le tueur en série avait avoué sa responsabilité dans la mort d’Estelle Mouzin, 9 ans, disparue en 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne) et dont le corps n’a jusqu’ici pas été retrouvé, malgré d’intenses fouilles dans les Ardennes, il y a une dizaine de jours. Ces recherches avaient été entreprises, dix-huit ans après les faits, sur les indications de Monique Olivier, ex-épouse et complice du tueur en série, qui avait reconnu le 1er avril sa participation dans la séquestration de la fillette enlevée sur le chemin de l’école. Elle avait indiqué aux enquêteurs avoir déposé son ex-mari sur le chemin d’un bois, un samedi de janvier 2003, pour qu’il fasse disparaître le corps d’Estelle, qu’il aurait violée et tuée à quelques kilomètres de là.

Outre cette affaire, il était encore mis en examen pour les disparitions de Marie-Angèle Domece et Joanna Parrish ainsi que, depuis décembre, pour celle de Lydie Logé, une jeune femme de 29 ans disparue en 1993 dans l’Orne.

"Au moins deux vierges par an"

C’est le dossier de la disparition d’Élisabeth Brichet qui rattache tristement le tueur français à la Belgique. Quinze ans après la disparition de la jeune Namuroise, en juillet 2004, Michel Fourniret avoue aux enquêteurs belges et français avoir enterré les corps de Jeanne-Marie Desramault, une étudiante française âgée de 22 ans lors de sa disparition à Charleville-Mézières en mars 1989, et d’Élisabeth Brichet, en décembre de la même année.

En juin 2003, Fourniret était arrêté en Belgique après la tentative ratée d’enlèvement d’une adolescente dans la région de Ciney. Un an plus tard, Monique Olivier accusait son mari des meurtres de plusieurs jeunes femmes ou adolescentes. Selon les propres aveux de l’Ogre, il "devait chasser au moins deux vierges par an"