"Je m'inquiète du fait que les journalistes et les défenseurs des droits de l'homme soient de plus en plus visés, aussi bien sur le plan institutionnel qu'individuel", a déclaré Mme Bachelet dans un message vidéo enregistré devant le Conseil des droits de l'homme.

Elle a rappelé que, la semaine dernière encore, les forces de l'ordre avaient procédé à des perquisitions contre des journalistes, des défenseurs des droits de l'homme, ainsi que contre certaines de leurs organisations au titre d'"enquêtes criminelles pour 'désordre de masse'".

Au 9 février, 246 personnes avaient été condamnées à des peines de prison pour des motifs politiques", a ajouté Mme Bachelet. Le régime du président Alexandre Loukachenko réprime depuis l'année dernière un mouvement de contestation historique né de la réélection controversée en août du chef de l'Etat, aux commandes du Bélarus depuis 1994.

"Il est crucial pour l'avenir du pays d'établir le respect des droits de l'homme et un espace d'expression civique le plus large possible", a estimé Mme Bachelet, réclamant la libération de tous les manifestants pacifiques et une enquête sérieuse sur les allégations de violation des droits de l'homme, pour pouvoir juger les coupables.

Elle a aussi demandé qu'un "arrêt immédiat" des tactiques de harcèlement et d'intimidation de la société civile et des journalistes par la police.

Le rapport présenté par les services de Mme Bachelet recommande des réformes législatives pour assurer "des procès équitables, dans les règles et l'indépendance de la justice".

Des recommandations qui devraient rester lettre morte. Le régime, confronté à des manifestations réunissant des dizaines de milliers de personnes, a largement réduit la contestation au silence à force d'arrestations massives marquées par des violences policières, tandis que des témoignages concordants font état de recours à la torture.

L'UE prolonge ses sanctions

Le Conseil de l'UE (Etats membres) a prolongé d'un an les sanctions visant une série de personnalités et entreprises du Bélarus, soutenant ou étant impliquées dans la répression violente de l'opposition ou dans la falsification des élections de l'été dernier, communique-t-il jeudi. Ces "mesures restrictives" avaient été imposées en trois temps, à partir d'octobre dernier. Elles ont fait suite aux élections présidentielles organisées en août au Bélarus, dont le président sortant Alexandre Loukachenko revendique la victoire. L'UE ne reconnait pas les résultats de cette élection, également qualifiée de frauduleuse par les Etats-Unis.

Depuis, des manifestations pacifiques de l'opposition ont été réprimées avec violence par la police bélarusse. L'UE déplore aussi la détention de prisonniers politiques.

88 personnes, dont le président Loukachenko lui-même sont actuellement concernées par les mesures restrictives de l'UE: gel des avoirs sur le sol européen et interdiction d'entrée sur le territoire de l'UE. 7 entités sont aussi visées.

L'UE envisage actuellement de nouvelles sanctions, rappelle le Conseil jeudi.