L'ONU a déclaré lundi "se préparer au pire" dans le nord de la Syrie après que les Etats-Unis ont annoncé qu'ils ne s'opposeraient pas à une offensive turque contre une milice kurde.

"Nous ne savons ce qui va se passer (...) Nous nous préparons au pire", a déclaré le coordinateur humanitaire de l'ONU pour la Syrie, Panos Moumtzis, lors d'une conférence de presse à Genève.

De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé qu'une offensive turque pourrait être lancée à tout moment dans le nord de la Syrie après que Washington a annoncé qu'il ne s'opposeraient pas à une telle opération contre une milice kurde. "Il y a une phrase que nous répétons tout le temps: on pourrait entrer (en Syrie) n'importe quelle nuit sans prévenir. Il est absolument hors de question pour nous de tolérer plus longtemps les menaces provenant de ces groupes terroristes", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence de presse.

La Turquie est déterminée à "nettoyer" le nord de la Syrie des "terroristes" qui menacent sa sécurité, a déclaré pour sa part son ministre des Affaires étrangères.

"Depuis le début de la guerre en Syrie, nous avons soutenu l'intégrité territoriale de la Syrie et nous continuerons de le faire. Nous sommes déterminés à protéger notre (...) sécurité en nettoyant cette région des terroristes", a indiqué Mevlüt Cavusoglu sur Twitter.

L'UE met en garde contre

L'Union européenne a mis en garde lundi contre une offensive de la Turquie dans le nord-est de la Syrie, car "une reprise des hostilités saperait les efforts engagés pour une résolution de ce conflit", a déclaré lundi une porte-parole de la diplomatie européenne. "Toute reprise des hostilités exacerbera les souffrances du peuple syrien, entraînera des déplacements de populations et sapera les efforts politiques engagés pour résoudre ce conflit", a expliqué Maja Kocijancic, porte-parole de Federica Mogherini.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont inscrit cette crise à l'ordre du jour de leur réunion lundi prochain à Luxembourg, a-t-elle annoncé.

"Nous exhortons à une cessation des hostilités pour garantir la protection des civils et l'accès des organisations humanitaires sur l'ensemble du territoire", a-t-elle ajouté. "Nous reconnaissons les inquiétudes légitimes de la Turquie pour sa sécurité, mais nous avons toujours dit que toute solution durable à ce conflit ne se réalisera pas par des moyens militaires", a-t-elle rappelé.

L'ONU a déclaré lundi "se préparer au pire" dans le nord de la Syrie après que les Etats-Unis ont annoncé qu'ils ne s'opposeraient pas à une offensive turque contre une milice kurde.

Les troupes américaines déployées dans le nord de la Syrie ont débuté lundi leur retrait de secteurs proches de la frontière turque, ouvrant la voie à une offensive militaire turque contre les forces kurdes, pourtant alliées de Washington dans la lutte antidjihadiste.

Ankara considère les forces kurdes des YPG comme "terroristes" en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation kurde qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.