"Il y a des preuves accablantes montrant que les élections présidentielles du 9 août 2020 ont été falsifiées et que des violations massives et systématiques des droits de l'Homme ont été commises par les forces de sécurité en réponse à des manifestations pacifiques", selon ce document discuté jeudi à Vienne devant le Conseil permanent de l'organisation.

Le rapporteur Wolfgang Benedek, déjà auteur en 2018 d'une étude internationale démontrant les persécutions du pouvoir en Tchétchénie, a collecté des centaines de témoignages, accompagnées de photos et vidéos.

Il évoque des "tortures et traitements inhumains ou dégradants (..) généralisés et systématiques", visant les protestataires mais aussi des passants qui se trouvaient au mauvais endroit.

Dans ce texte, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) demande de nouvelles "véritables" élections répondant à des critères internationaux", en présence d'observateurs indépendants.

Agissant sur requête de 17 Etats, dont la France, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, M. Benedek a reçu 700 observations écrites et procédé à des entretiens en ligne faute d'avoir pu se rendre sur place, le Bélarus ayant refusé de coopérer.

Depuis sa réélection contestée le 9 août, le chef de l'Etat Alexandre Loukachenko, 66 ans dont 26 au pouvoir, fait face à un mouvement de protestation historique qui réunit chaque semaine des dizaines de milliers de manifestants.

Cette enquête "met en lumière la fraude qui est au cœur des élections présidentielles et les actions abjectes du régime de M. Loukachenko", a réagi dans un communiqué le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab. "De nouvelles élections libres et justes doivent désormais être organisées", a-t-il insisté.

Les Etats-Unis ont livré le même message, par la voix de leur ambassadeur auprès de l'OSCE, James Gilmore. "Ces abus épouvantables ont lieu au coeur de l'Europe en 2020", s'est-il insurgé, appelant à la tenue d'un scrutin en toute transparence.

Figure de proue de l'opposition, exilée en Lituanie, Svetlana Tikhanovskaïa se trouvait à Vienne jeudi pour rencontrer les ambassadeurs de l'OSCE et s'entretenir avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz.