"Nous sommes prêts à développer davantage" le mécanisme de "déconfliction en mer et dans les airs", qui facilite "les efforts diplomatiques", a déclaré à Athènes Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Alliance atlantique, à l'issue d'entretiens avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

Comme il avait fait lundi en Turquie, également membre de l'Otan, M. Stoltenberg a réaffirmé avoir "bon espoir que les disputes entre les deux alliés puissent maintenant être abordées uniquement par la négociation dans un esprit de solidarité et selon le droit international".

Athènes et Ankara ont récemment convenu d'établir une ligne directe permanente pour éviter les risques d'accidents et d'incidents en Méditerranée orientale et contribuer au règlement des différends entre les deux pays.

Les tensions entre les deux voisins ont culminé durant l'été avec le déploiement de leurs marines dans une zone maritime disputée riche en hydrocarbures.

La crainte d'un conflit armé entre deux membres de l'Otan a poussé l'Alliance à chercher un accord sur un mécanisme pour prévenir les risques de conflit. Les pourparlers militaires débutés en septembre viennent en complément des efforts diplomatiques menés par l'Allemagne pour résoudre ce conflit.

M. Mitsotakis s'est à nouveau dit prêt mardi "à la reprise du dialogue avec la Turquie".

"Nous attendons qu'une date soit immédiatement établie pour le début (des pourparlers) avec pour seul objet la délimitation des zones maritimes en mer Egée et Méditerranée orientale", a-t-il déclaré.

"C'est à la Turquie de refermer la crise et d'ouvrir la voie à une solution", a-t-il ajouté, au côté de M. Stoltenberg.

Le chef de l'Otan a par ailleurs salué l'annonce récente par la Grèce d'un programme d'achats d'armes pour renforcer son armée, l'un des plus importants des dernières décennies. La Grèce "dépense plus de 2% de son PIB (...) pour moderniser ses forces armées, ce qui va renforcer l'Otan", s'est-il félicité.

Deux ans après la sortie officielle de la Grèce d'une crise financière inédite, Kyriakos Mitsotakis avait annoncé début septembre, au pic des tensions avec la Turquie, que son pays allait se procurer 18 avions de combat Rafale, quatre frégates et quatre hélicoptères de la marine, et recruter 15.000 soldats supplémentaires.