L'exécutif européen considère que la firme suédo-britannique a violé certains termes du contrat d'achat anticipé qui la lie à lui.

"L'entreprise n'a pas été en mesure de présenter une stratégie fiable pour garantir la livraison à temps des doses de vaccins", a indiqué un porte-parole de la Commission. Cette dernière agit non seulement en son nom mais aussi en celui des Vingt-sept qui l'ont mandatée, a-t-il précisé.

La Commission avait envoyé le mois dernier un courrier à l'entreprise pharmaceutique en vue d'engager avec elle un processus de résolution de conflit. La société y a répondu et des contacts ont eu lieu entre responsables des deux parties, mais ces négociations n'ont pas permis de dégager une solution assurant à l'Europe qu'il y aura bien "livraison dans les temps d'un nombre suffisant de doses".

Jusqu'à présent, les chiffres ont été bien moindres qu'attendus, avec environ 30 millions de doses livrées au premier trimestre, tandis que pour le 2e, le contrat prévoyait 180 millions de doses mais la société a indiqué être en mesure d'en livrer 70 millions. Le contrat conclu au niveau européen avec AstraZeneca à l'été dernier portait sur 300 millions de doses, avec une option pour l'achat de 100 millions supplémentaires. Le délai pour exercer cette option est entre-temps dépassé, le contrat restera donc limité aux 300 millions de doses initiales.

AstraZeneca réagit

Le groupe pharmaceutique suédo-britannique AstraZeneca a jugé lundi "sans fondement" l'action en justice lancée par l'Union européenne sur les retards de livraison de son vaccin anti-Covid, contre laquelle il promet de "fermement se défendre".

AstraZeneca dit avoir "complètement respecté" le contrat noué avec Bruxelles et être sur le point de livrer 50 millions de doses d'ici fin avril, conformément à ses prévisions, espérant avoir "l'occasion de régler ce différend le plus tôt possible", selon un communiqué.

L'UE, à l'inverse, affirme que le laboratoire n'a livré au premier trimestre que 30 millions de doses à l'UE sur les 120 millions promises contractuellement. Au deuxième trimestre, il ne compte en fournir que 70 millions sur les 180 millions initialement prévues.

"Les vaccins sont difficiles à fabriquer, comme l'ont montré les problèmes rencontrés par plusieurs groupes en Europe et dans le monde. Nous faisons des progrès pour relever les défis techniques et notre production s'améliore", argumente le laboratoire.

Mais il précise que cela prendra du temps avant de pouvoir augmenter le nombre de doses à distribuer.

Boris Jonhson soutient à AstraZeneca

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a lui réitéré lundi son soutien à AstraZeneca, qui a été "un partenaire très solide pour le Royaume-Uni et en fait dans le monde", selon le porte-parole de Downing Street.

"Ils représentent une part cruciale de notre programme de vaccination et nous nous réjouissons de continuer à travailler avec eux".

La Commission a déjà activé le 19 mars dernier une procédure contractuelle de règlement des différends pour résoudre le conflit avec AstraZeneca, et a annoncé ne pas avoir activé l'option dont disposait l'UE, dans le contrat, pour acheter 100 millions de doses supplémentaires.

L'utilisation du vaccin AstraZeneca a été restreinte dans la plupart des pays de l'Union européenne à cause de très rares cas de thromboses qu'il peut provoquer. Le Danemark ne l'utilise plus.