"Cela requiert du courage politique des deux côtés, cela demandera une volonté et des engagements dans un esprit de compromis et de pragmatisme", a affirmé M. Borell, dans une déclaration officielle, avant le début de la conférence organisée sous les auspices de l'Union européenne. Depuis la proclamation de son indépendance en 2008, le Kosovo est reconnu par plus de 100 pays membres des Nations unies et 22 États sur 27 au sein de l'UE mais la Serbie refuse de reconnaître cette indépendance, proclamée unilatéralement à l'issue d'une guerre sanglante en 1998-99. "Ce n'est jamais facile de trouver des solutions à des problèmes qui durent depuis si longtemps et ont été tellement douloureux, mais c'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui: pour essayer encore", a affirmé M. Borell. 

Le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti s'entretiendront d'abord individuellement avec le chef de la diplomatie européenne et le représentant spécial de l'UE pour les Balkans occidentaux Miroslav Lajcak, puis toutes les parties se retrouveront autour d'une table virtuelle. "L'absence de solution empêche le développement des deux côtés", a insisté M. Borell, souhaitant une reprise "du travail de façon sérieuse et intense" entre les deux dirigeants qui ont renoué depuis vendredi un dialogue interrompu depuis près de 18 mois. MM. Joti et Vucic s'étaient entretenus à distance en présence de la chancelière allemande Angela Merkel, du président français Emmanuel Macron et des représentants de l'UE. Le président kosovar, Hashim Thaçi, est pour sa part empêché par sa mise en accusation pour crimes de guerre pendant la guerre de la fin des années 1990. "Nous discutons depuis dix ans maintenant sans grand succès. Espérons que cette fois, c'est le bon moment pour faire des progrès", a indiqué un responsable à Bruxelles, estimant que le sommet virtuel de dimanche pouvait marquer "le début de l'histoire". Une nouvelle séance de discussions en présentiel est prévue jeudi dans la capitale belge.