L'Union européenne était jeudi dans l'embarras après un vote cette semaine du Parlement néerlandais contre l'accord commercial controversé conclu il y a près d'un an avec le Mercosur, compliquant un peu plus sa ratification par l'ensemble des Etats membres. 

Ce même accord avait soulevé des inquiétudes récemment au parlement wallon, et les Etats récalcitrants semblent se multiplier. "C'est un signal politique: si même les Pays-Bas sont contre, ça va être difficile", concède une source européenne.

Le porte-parole de la Commission européenne, Daniel Rosario, s'est lui refusé à tout commentaire direct. "La Commission est consciente du débat sur l'accord commercial UE-Mercosur qui se déroule dans différents États membres (...) Nous écoutons avec attention les différents points de vue exprimés", a-t-il dit. Mais cet accord a "tout pour promouvoir des valeurs telles que le développement durable et profiter aux agriculteurs, producteurs et consommateurs européens", a-t-il estimé.

La chambre basse du Parlement néerlandais a voté mardi une motion demandant au gouvernement d'informer Bruxelles qu'il retirait son soutien à l'accord, critiqué pour ses éventuelles conséquences sur l'environnement et les agriculteurs.

Avant les Pays-Bas, le Parlement autrichien avait, en septembre dernier, astreint son gouvernement à s'opposer à la signature de l'accord, en raison notamment de doutes sur les engagements du Brésil en faveur du climat. La France, l'Irlande ou le Luxembourg se sont montrés récalcitrants également.

Et en début d'année, la Wallonie a fait entendre son désaccord. En février, son parlement a adopté à l'unanimité une motion s'opposant à l'accord, pointant des risques "trop importants" sur le climat et l'environnement, sur la santé des consommateurs ainsi que sur l'agriculture familiale et durable.

Or, le texte doit être ratifié par l'ensemble des Etats membres pour entrer en vigueur.

L'UE et les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguray, Paraguay) avaient annoncé la conclusion des négociations en juin 2019. Le texte est depuis en cours de "finalisation" par les services juridiques des différentes parties et traduit, avant le début officiel du processus de ratification.

De sources bruxelloises, la Commission espérait accélérer le processus de ratification dans la deuxième moitié de l'année 2020, moment où l'Allemagne exercera la présidence tournante de l'UE. L'idée était notamment d'éviter que cet accord ne s'immisce dans la campagne présidentielle française de 2022, pays où il est particulièrement mal vu par les agriculteurs.