L'Agence européenne des médicaments (EMA) est "en discussions quotidiennes" avec son homologue américaine, la puissante FDA, pour "synchroniser leurs évaluations des vaccins" anti-Covid, a indiqué Ursula von der Leyen lors d'une conférence de presse.

"Si toutes les procédures se passent sans problèmes", l'EMA pourrait "donner aux vaccins de Pfizer/BioNTech et Moderna leur autorisation conditionnelle de mise sur le marché dès la deuxième moitié de décembre", a souligné la chef de l'exécutif européen.

Interrogée sur le possible recours dans l'UE au vaccin développé en Russie, qui tente notamment la Hongrie, elle s'est montrée très prudente: "Tout vaccin devra être soumis à la procédure d'autorisation de l'EMA, avec une complète transparence".

La Commission européenne a jusqu'ici signé cinq contrats pour précommander d'éventuels vaccins: avec le suédo-britannique AstraZenaca, l'américain Johnson & Johnson, le duo franco-britannique Sanofi-GSK, le duo américano-allemand Pfizer/BioNTech et l'allemand CureVac.

Après un protocole d'accord conclu en août avec la biotech américaine Moderna, "nous poursuivons les pourparlers et nous sommes aussi en discussions avec (l'américain) Novavax", a précisé Mme von der Leyen.

Dans un entretien à l'AFP, le directeur de l'allemand BioNTech Ugur Sahin a estimé jeudi "possible" son autorisation et sa distribution d'ici la fin de l'année aux Etats-Unis ou dans l'UE.

"Il est possible que nous puissions livrer des vaccins en décembre ", a-t-il insisté.

A l'inverse, le patron de Moderna, Stéphane Bancel, avait averti mardi que la prolongation des négociations avec l'UE risquait de ralentir les livraisons, d'autres pays étant prioritaires car ils ont signé depuis des mois.

Réunis jeudi en visioconférence, les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont également discuté de la façon d'assouplir les mesures restrictives à l'approche des fêtes de fin d'année sans un relâchement excessif qui conduirait à "une troisième vague" de contaminations, selon une source diplomatique.

D'après elle, ils ont évoqué "la pression (des citoyens) pour se réunir, se déplacer, aller aux sports d'hiver et permettre au secteur de la distribution de faire son chiffre d'affaires" en cette période cruciale -- et la nécessité de "tenir compte de ces aspirations sans relâchement".

"Un équilibre à trouver", ont insisté la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron, selon la même source diplomatique.

"Nous devons apprendre les leçons du passé. Tout assouplissement devra être graduel. Nous voulons célébrer les fêtes de fin d'année mais en sûreté", a martelé devant la presse Charles Michel, président du Conseil européen (instance représentant les 27) .

Si Bruxelles appelle inlassablement à une coordination accrue sur les mesures de lutte contre la pandémie, les efforts d'harmonisation des règles de quarantaine ou la reconnaissance mutuelle des tests de détection reste compliquée. "On n'y est pas encore", reconnaît une source diplomatique.

La Commission a recommandé formellement mercredi aux Etats membres de recourir aux tests antigéniques rapides dans certaines conditions pour mieux endiguer la pandémie -- mais la multiplicité de ces tests commercialisés avec des standards extrêmement variés nécessite l'établissement de critères européens "de performance", a insisté Mme von der Leyen.