Les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l'UE sont parvenus lundi à un accord pour imposer des "mesures restrictives" à des personnes jugées impliquées dans la tentative d'assassinat de l'opposant russe Alexeï Navalny. Le Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, l'a annoncé lundi à l'issue d'un Conseil Affaires étrangères, à Luxembourg. Il n'a pas précisé quelles seront les personnalités spécifiquement visées par ces sanctions européennes. L'imposition des sanctions doit encore être finalisée au niveau technique.

"Nous avons discuté d'éléments possibles d'une réponse commune forte de l'UE à l'utilisation d'un agent chimique interdit, via l'implémentation d'une proposition de mesures restrictives formulée par la France et l'Allemagne", a expliqué Josep Borrell. Sans le nommer, il évoque donc le Novitchok. L'OIAC, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, a récemment confirmé qu'on avait retrouvé dans le corps d'Alexeï Navalny une substance de ce groupe d'agents neurotoxiques particulièrement dangereux, déjà utilisé en 2018 pour empoisonner l'ex-espion Sergueï Skripal et sa fille Ioulia à Salisbury, en Angleterre. Ces substances ont été conçues par des spécialistes soviétiques à des fins militaires.

Alexeï Navalny était tombé malade le 20 août à bord d'un avion en Sibérie. Après avoir été soigné quelques jours dans un hôpital sibérien, il avait été transféré dans un hôpital de Berlin. France et Allemagne ont déjà clairement conclu que Moscou est, selon toute vraisemblance, derrière cet empoisonnement. La Russie rejette ces accusations.

Lundi, le Conseil a prolongé d'un an le cadre de sanctions permettant d'imposer un gel des avoirs européens, une interdiction de financement européen et une interdiction de voyage à des personnes et entités impliquées dans le développement ou l'utilisation d'armes chimiques. Actuellement, 9 personnes et un centre de recherches syrien sont concernés, en lien avec les activités du régime syrien et avec l'attaque au Novitchok visant Sergueï et Ioulia Skripal.