"Les grandes lignes d'un plan global de soutien économique à un futur Bélarus démocratique" ont été communiquées par la Commission au Conseil européen, qui représente les 27 Etats membres de l'UE.

Ce plan, d'un "montant maximal de 3 milliards d'euros", sera activé "une fois que le Bélarus aura entamé une transition démocratique", a indiqué la Commission dans un communiqué. Elle rappelle que l'UE a jugé "ni libre, ni équitable" l'élection présidentielle d'août 2020, qui a vu la réélection de M. Loukachenko.

"Nos messages sont doubles. Au peuple du Bélarus : nous voyons et entendons votre désir de changement, de démocratie et d'un avenir radieux. Et aux autorités bélarusses : aucune répression, brutalité ou coercition n'apportera la moindre légitimité à votre régime autoritaire", a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, citée dans le communiqué.

"Lorsque - et nous pensons qu'il s'agit de savoir quand, et non pas si - le Bélarus entamera sa transition démocratique pacifique, l'UE sera là pour l'accompagner", a-t-elle ajouté.

"Jusqu'à présent, vous avez ignoré de manière flagrante le choix démocratique du peuple bélarusse. Il est temps de changer de cap", a-t-elle lancé à l'attention du président bélarusse.

Ce plan, composé de subventions et de prêts, visera à "stimuler la reprise économique du pays, à s'attaquer aux réformes structurelles essentielles et à investir dans les infrastructures".

Une porte-parole de la Commission a précisé que Mme von der Leyen avait écrit à la chef de l'opposition bélarusse, Svetlana Tikhanovskaïa, et à d'autres personnalités de l'opposition afin d'"exprimer son respect et son admiration pour le courage et la force du peuple bélarusse".

La proposition intervient alors que l'UE a accru la pression sur le régime en place à Minsk après l'atterrissage forcé d'un vol Ryanair Vilnius-Athènes dimanche et l'arrestation d'un journaliste dissident à bord.

Les Européens ont décidé d'interdire aux compagnies aériennes bélarusses le survol du territoire de l'UE et ont recommandé à leurs transporteurs d'éviter l'espace aérien bélarusse.

Ils travaillent en outre à l'élargissement des sanctions contre le Bélarus et envisagent de frapper des secteurs clés de l'économie pour tenter de réduire le soutien financier au pouvoir bélarusse.

L'Union européenne a déjà gelé les avoirs et interdit l'octroi de visas à M. Loukachenko et à 87 autres personnalités du régime.