L'Union européenne a critiqué mercredi le coup de filet qui a mené à l'arrestation le même jour d'une cinquantaine d'opposants pro-démocratie à Hong Kong, un nouvel évènement dans la répression de Pékin qui "envoie le signal que le pluralisme politique n'est plus toléré à Hong Kong", selon les mots employés par un porte-parole de la Commission.

"La loi sur la sécurité nationale est utilisée pour écraser la dissidence et étouffer l'exercice des droits de l'homme et des libertés politiques", a estimé Peter Stano, porte-parole de l'exécutif pour les questions d'Affaires étrangères.

Cette loi chinoise sur la sécurité nationale de Hong Kong a été adoptée en juin dernier. Controversée dès le départ, elle a pour objectif, de la part de Pékin, de réprimer tout militantisme en faveur de l'indépendance du territoire hongkongais. Elle vise à réprimer différents crimes comme la "subversion" ou encore la collusion avec des forces étrangères, donnant même la main à la justice chinoise pour les atteintes jugées les plus graves à la sécurité nationale.

A l'époque, la loi avait provoqué une levée de boucliers à l'international. En juillet, les 27 avaient décidé de limiter les exportations européennes d'équipements et technologies sensibles devant être utilisés sur territoire hongkongais, spécifiquement s'il y a un risque que ces équipements et technologies soient utilisés pour la répression ou la cybersurveillance. Ils avaient aussi décidé de faciliter l'octroi de visas pour les Hongkongais.

Peter Stano l'a rappelé mercredi, se montrant très prudent face aux questions des journalistes quant à d'éventuelles sanctions visant Pékin. "Les 27, en Conseil Affaires étrangères, ont déjà souligné en décembre que la situation s'était détériorée à Hong Kong, et réitéré leur soutien politique à l'autonomie" de cette ex-colonie britannique sous le principe "un pays, deux systèmes", a-t-il répondu. Pour le reste, les déclarations du mois dernier restent valables: l'UE pourrait envisager d'autres mesures (des sanctions, par exemple) à l'avenir, "si nécessaire".

"Nous devons analyser la situation, et réfléchir aux meilleures options", avance le porte-parole. Le sujet sera abordé au prochain Conseil Affaires étrangères, le 25 janvier.

Critiquée pour avoir récemment bouclé avec la Chine les négociations pour un accord d'investissements, malgré les manquements flagrants de Pékin en matière de respect des droits de l'homme, la Commission européenne reste sur sa position: "l'accord sur les investissements n'est pas l'outil approprié" pour s'attaquer à cette question, a répété le porte-parole en chef Eric Mamer, mercredi. "Nous travaillons avec la Chine de manière différente sur différentes dimensions", et avons "un dialogue spécifique pour celle de l'État de droit et des droits de l'homme".