L'Union européenne a appris avec une "vive inquiétude" l'annonce par l'Iran de sa production d'uranium enrichi à 20%, mais "redoublera d'efforts" pour préserver l'accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, a indiqué mardi la Commission européenne.

L'Iran a annoncé la reprise de l'enrichissement de l'uranium à hauteur de 20% et une production "stable" depuis les premières heures de mardi, dans ce qui constitue le plus spectaculaire de ses désengagements en matière nucléaire.

"Cette action constitue un écart important par rapport aux engagements nucléaires de l'Iran, ce qui aura de sérieuses implications pour la non-prolifération nucléaire", a reconnu un porte-parole de la Commission, interrogé lors du point presse quotidien.

Mais "en dépit de cette action regrettable, des éléments importants de l'accord nucléaire restent en place, en particulier les mesures strictes de vérification et de transparence", a-t-il noté.

Téhéran a pris la décision de lancer son programme d'enrichissement deux semaines après cette réunion ministérielle entre le groupe des pays signataires du JCPOA (Allemagne, Chine, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni) et la République islamique d'Iran, présidée par le haut représentant de l'UE Josep Borrell, au cours de laquelle les participants ont réaffirmé leur engagement à "préserver l'accord et leurs efforts respectifs à cet égard".

"Sur cette base, nous redoublerons d'efforts pour préserver l'accord et revenir à sa pleine mise en œuvre par toutes les parties", a souligné mardi le porte-parole.

Le gouvernement du président Hassan Rohani, qui fait figure de modéré, s'était opposé à la loi récente votée par le Parlement enjoignant au gouvernement de reprendre immédiatement la production d'uranium enrichi à hauteur de 20% de façon à en produire 120 kg par an, estimant qu'elle allait à l'encontre des efforts diplomatiques destinés à obtenir la levée des sanctions américaines contre l'Iran.

Le gouvernement avait cependant averti qu'il n'aurait d'autre choix que de l'appliquer si elle devait entrer en vigueur.

Le nouveau président américain Joe Biden a exprimé son intention de revenir sur la politique de "pression maximale" contre l'Iran menée par le président sortant Donald Trump, qui avait retiré son pays de l'accord de Vienne en mai 2018.

"Nos mesures restent réversibles si toutes les parties à l'accord s'y conforment" à nouveau, a fait valoir lundi Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne.