L'Union européenne doit se préparer à des "moments difficiles" avec la Russie, dont les autorités semblent avoir choisi de "manière délibérée" d'accroître les tensions avec l'Occident, a averti mercredi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. "Je pense que nous devons nous préparer à une période longue et difficile dans nos relations avec la Russie", a-t-il déclaré devant le Parlement européen réuni en session plénière à Bruxelles.

"Nos relations avec la Russie continuent de se dégrader et sont au plus bas. Malheureusement, nous ne pouvons pas exclure que cette tendance négative se poursuive et arrive à des niveaux de détérioration encore plus dangereux", a-t-il commenté. "Les autorités russes semblent choisir de manière délibérée d'accroître les tensions avec l'Occident", a-t-il déploré.

Trois motifs d'inquiétude

Pour Josep Borrell, le déploiement militaire aux frontières avec l'Ukraine, le sort de l'opposant Alexeï Navalny et la crise diplomatique avec la République tchèque constituent trois motifs d'inquiétudes.

Appelant la Russie à "cesser ses provocations", il a constaté que "pour le moment, elle n'a pas montré la moindre volonté de mettre fin au conflit en Ukraine, ni d'accepter son intégrité territoriale".

"Les troupes russes ont commencé à se retirer, mais elles sont restées longtemps", a souligné l'Espagnol, citant le chiffre de 100.000 participants à ces opérations à la frontière avec l'Ukraine, dans les zones contrôlées par les séparatistes pro-russes. "Ces actions sont inacceptables. Nous ne souhaitons pas encourager l'escalade, néanmoins nous n'accepterons pas les tactiques d'intimidation et nous devrons réagir le cas échéant",a-t-il affirmé.

"Nous devons donc définir un modus vivendi qui sera d'éviter la confrontation permanente avec un voisin qui semble avoir décidé de se comporter comme si nous étions des adversaires", a-t-il conclu.