La ministre des Affaires étrangères y a présenté le bilan du mandat belge au Conseil de sécurité en 2019-2020. "Il faut le faire de manière intelligente. Le momentum le plus adéquat sera pour la période 2037-2038. On peut se dire que c'est loin. Mais pour notre dernier mandat, il s'est passé douze ans entre le moment où on s'est porté candidat et le moment où nous avons siégé", a fait valoir Mme Wilmès.

La ministre des Affaires étrangères a tiré un bilan positif de l'action de la diplomatie belge pendant ces deux ans. "Nous avons des fonctionnaires extraordinaires", a-t-elle indiqué, saluant également ses prédécesseurs Didier Reynders et Philippe Goffin.

"En deux ans, plus d'une centaine de résolutions ont été adoptées. La Belgique a pu apporter son expertise sur des sujets qu'elle maitrise, comme l'Afrique des Grands Lacs, le Sahel, la situation humanitaire en Syrie ou encore la Cour pénale internationale", a-t-elle énuméré. "Pendant ce mandat, la Belgique a porté haut la problématique des enfants dans les conflits armés, notamment à travers sa présidence du groupe de travail dédié à ce sujet. La Belgique a réussi à faire adopter des nouvelles normes dans ce domaine, ce qui lui a valu la reconnaissance de ses pairs, des institutions onusiennes mais aussi de la société civile. Elle a pu faire adopter des conclusions visant à mieux protéger les enfants dans treize situations de conflit."

En outre, la Belgique a pu mettre à l'agenda du Conseil de Sécurité la question de la justice transitionnelle. Un tel processus permet à une population de se relever après un conflit, d'entamer la réconciliation et d'instaurer les conditions propices au développement d'un État de droit qui respecte les droits humains.

Sophie Wilmès a toutefois fait part difficultés à faire avancer certains dossiers, pointant notamment un taux de résolutions adoptées à l'unanimité au plus bas en 2020. "La relation délicate entre certains membres permanents - qui ont un droit de veto - est souvent un obstacle difficile dans la prise de décision. Les relations entre les États-Unis et la Russie ne se sont pas améliorées au cours de ce mandat, que du contraire. La Russie n'a pas hésité à jouer la carte de l'obstructionnisme sur certains dossiers dans lesquels elle est directement impliquée, comme le dossier syrien. En matière de droits humains, nous avons parfois dû buter sur un mur élevé par certains membres permanents."

La Belgique mettra à profit son expérience acquise au service d'autres engagements internationaux comme la présidence de la Conférence du Désarmement, la présidence de la Commission budgétaire de l'Assemblée générale de l'ONU ou encore un mandat en 2023-2025 au sein du Conseil des Droits de l'Homme.