La position du gouvernement fédéral en matière de désarmement nucléaire était encore incertaine. Elle a été clarifiée vendredi lors d’un kern (réunion des principaux ministres du gouvernement) et communiquée lundi soir par les Affaires étrangères.

"Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires des Nations unies (TIAN), au sujet duquel une résolution a été votée à l’assemblée générale des Nations unies ce 7 décembre, pourrait donner un nouvel élan au désarmement nucléaire multilatéral, mais il n’est pas l’outil adéquat pour atteindre nos objectifs", indique le département dirigé par la ministre Sophie Wilmès (MR).

"C’est pourquoi la Belgique maintient un vote contre cette résolution […] La Belgique constate qu’aucun pays possédant l’arme nucléaire n’y a adhéré, ni ses alliés de l’Otan […] En outre, le TIAN ne contient pas de mécanisme de mise en œuvre ni de vérification des engagements des États parties."

Écolo reste loyal à l’accord de gouvernement

Au sein de la coalition gouvernementale, les écologistes d’Écolo et Groen, ainsi que les socialistes flamands du SP.A plaidaient pour que la Belgique rejoigne le TIAN, dont l’entrée en vigueur est prévue le 22 janvier 2021. Leurs partenaires, singulièrement les libéraux, s’y étaient opposé lors des négociations pour la formation du gouvernement.

Dans l’accord de majorité, il a finalement été indiqué que "le Traité de non-prolifération (TNP) reste la pierre angulaire du régime mondial nucléaire de non-prolifération nucléaire", des termes repris dans le communiqué des Affaires étrangères, lundi. Qui précise aussi que "la Belgique souhaite jouer un rôle proactif à la Conférence d’examen du TNP en août 2021".

Le TNP est jugé moins volontariste que le TIAN par les acteurs internationaux antimilitaristes. Du côté des écologistes, proches de ces milieux, on se veut toutefois loyal à l’accord de gouvernement. "Le communiqué de Sophie Wilmès est la traduction de l’ambition du gouvernement en matière de désarmement nucléaire", dit à La Libre Georges Gilkinet, vice-Premier ministre Écolo. "Si la Belgique veut faire bouger les lignes et rassembler d’autres pays autour d’elle, il est important qu’elle affirme sa volonté. Je compte sur notre ministre des Affaires étrangères pour concrétiser cet engagement dans les prochains mois."