"Nous exportons beaucoup vers des pays qui eux-mêmes produisent des vaccins. C'est une invitation à être ouverts, de manière à voir aussi des exportations vers ces pays revenir à l'UE", a indiqué Mme Von der Leyen en conférence de presse, en présentant sa proposition de certificat de vaccination ainsi qu'une trajectoire commune vers la réouverture.

L'Allemande invite également les États membres, dont les dirigeants se réunissent en sommet les 25 et 26 mars prochains, à réfléchir à la manière de veiller à ce que "des exportations vers des pays qui ont des taux de vaccination supérieurs aux nôtres soient toujours proportionnées".

Elle a assuré que l'UE était prête à utiliser tous les outils nécessaires, après avoir rappelé l'existence du mécanisme de licences d'exportations de vaccins entré en vigueur le 1er février dernier.

Ce mécanisme a déjà permis d'octroyer 314 licences, pour un seul refus. Quelque 41 millions de doses de vaccin ont été exportées depuis des entreprises établies dans l'UE vers 33 pays tiers, dans le cadre du mécanisme de solidarité internationale.

Le 9 mars dernier, le président du Conseil européen Charles Michel avait considéré que le Royaume-Uni et les États-Unis avaient décrété une interdiction pure et simple d'exportation de vaccins ou de composants produits sur leur sol.

Mme Von der Leyen tient surtout en ligne de mire le Royaume-Uni, qui dit-elle a reçu ces six dernières semaines 10 millions de doses sans en envoyer lui-même vers l'UE. "Notre contrat avec AstraZeneca prévoit pourtant que deux entreprises britanniques puissent produire pour le marché européen, mais nous attendons toujours les premières doses du Royaume-Uni", a insisté mercredi la présidente de l'exécutif européen.

Londres s'était défendu la semaine dernière en niant avoir imposé une interdiction formelle d'exportation.

La réciprocité existe en revanche avec les Etats-Unis, pour la bonne raison qu'il n'y a pas d'exportation de vaccins ni dans un sens ni dans l'autre, et que des flux réciproques sont assurés sur les composants de produits, a expliqué Mme Von der Leyen.

"Nous vivons la crise du siècle. Nous devons veiller à ce que les Européens soient vaccinés le plus vite possible. C'est pourquoi la production et la livraison à l'Union européenne doivent être des priorités absolues", a-t-elle ajouté.

La présidente en a aussi profité pour faire le point des livraisons. BioNTech/Pfizer et Moderna sont en passe de respecter leur contrat, au contraire d'AstraZeneca.

A la fin mars, BioNTech/Pfizer devrait avoir livré 66 millions de doses et Moderna 10 millions, comme convenu avec ces deux fabricants, selon Mme Von der Leyen. AstraZeneca est en sous-production: la firme est supposée livrer au premier trimestre 90 millions de doses mais a réduit ce chiffre à 40 millions puis à 30 millions.

Si ces chiffres se confirment, quelque 100 millions de doses auront donc été livrées à l'UE d'ici fin mars.

Au deuxième trimestre s'ajoutera le vaccin de Johnson & Johnson (Janssen, une seule injection), avec 55 millions de doses promises. BioNTech/Pfizer doit livrer 200 millions de doses et Moderna 35 millions. AstraZeneca a annoncé 70 millions de doses, soit bien moins que les 180 millions de doses prévues par contrat. "Cela réduit douloureusement le rythme de vaccination", a déploré Mme Von der Leyen, qui se dit cependant toujours confiante dans la capacité de l'Union à atteindre d'ici la fin de l'été les 70% de vaccination de la population adulte.