La Commission européenne a invité mercredi les Etats membres à prolonger jusqu'au 15 mai l'interdiction des voyages non essentiels vers l'UE, qui avait été décidée le 17 mars pour un mois en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

"La Commission appelle à une approche coordonnée pour cette prolongation, étant donné qu'une action aux frontières extérieures ne peut être efficace que si elle est mise en oeuvre par tous les Etats membres de l'UE et de l'espace Schengen à toutes les frontières, avec la même date de fin et d'une manière uniforme", indique l'exécutif européen dans un communiqué.

Cette fermeture des frontières extérieures de l'UE et de l'espace Schengen compte un certain nombre d'exceptions (ressortissants européens et leur famille, résidents de longue date, diplomates, personnel soignant, chercheurs, transfrontaliers...).

Elle ne concerne pas non plus les citoyens britanniques, avait précisé en mars la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Cette mesure concerne 30 pays au total, en comptant la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein.

"Si les premiers résultats sont encourageants, la prolongation de la restriction des déplacements est nécessaire pour continuer à réduire les risques de propagation de la maladie", a déclaré le vice-président de la Commission, Margaritis Schinas, cité dans le communiqué.

"Nous ne devons pas laisser la porte ouverte alors que nous mettons en sécurité notre maison", a-t-il dit.

La Commission justifie la nécessité de prolonger cette fermeture par une "hausse continue du nombre de nouveaux cas et de décès dans l'UE, de même qu'une progression de la pandémie à l'extérieur" du bloc, "notamment dans des pays à partir desquels voyagent habituellement des millions de gens vers l'UE chaque année".

"Depuis la mise en place de cette mesure mi-mars, le trafic passager aérien a été réduit à près de zéro, les vols restants étant principalement limités au transport de marchandises et aux rapatriements", indique aussi la Commission.

La commissaire aux Affaires intérieures Ylva Johansson a de son côté souligné que la coordination entre Etats était également essentielle "aux frontières internes pour garantir que notre marché intérieur continue à fonctionner correctement, et que des produits indispensables comme la nourriture, les médicaments et le matériel de protection puissent atteindre leur destination sans délai".

Pour lutter contre la propagation du virus, de nombreux pays de l'UE ont rétabli des contrôles temporaires à leurs frontières, en dérogation à la libre circulation de mise au sein de l'espace Schengen.