Cette interdiction d'entrer sur le territoire hongrois, à l'exception de certains professionnels (routiers, entre autres) et des citoyens de certains pays membres (Pologne, Slovaquie, Tchéquie), est entrée en vigueur ce mardi matin. Cependant, cette nouvelle fermeture de la Hongrie ne respecte pas le principe de non-discrimination entre citoyens de l'Union, regrette la Commission. La Hongrie a réinstauré une fermeture (relative) de ses frontières à la suite d'une hausse locale des contaminations au coronavirus, dans le but d'éviter une résurgence trop importante de la pandémie sur son sol. Cette décision unilatérale et soudaine semble irriter au niveau européen, d'autant plus que la Hongrie n'aurait pas informé les autres Etat membres lors d'une réunion de coordination sur ce sujet la semaine dernière, selon un porte-parole de la Commission.

Dans le courrier que l'exécutif européen compte envoyer à Budapest, les commissaires Reynders et Johansson vont "rappeler l'importance de l'intégrité de la zone Schengen et de l'application de mesures aux frontières non-discriminatoires entre résidents et citoyens de l'UE", a tweeté le Belge. "Toute mesure ne respectant pas les principes fondamentaux de la législation européenne devrait être retirée immédiatement".

Les commissaires auront sous peu des contacts avec les ministres hongrois compétents, précise mardi la Commission européenne.

Les restrictions à la liberté de circulation au sein de l'espace Schengen et leur manque d'uniformité et de coordination entre pays pose en réalité problème depuis le début de l'envolée du coronavirus en Europe. Dans une première phase, l'UE avait été réduite à recommander une meilleure coordination et à rappeler les pratiques à respecter, sans parvenir à forcer les capitales à se concerter.

Le sujet revient désormais sur la table. La semaine dernière, une note a été proposée par la Commission, visant à améliorer la coordination entre Etats sur la question des restrictions de voyages et sur l'évaluation des zones autorisées ou "à risque". A la suite du retour positif de la plupart des Etats, la présidence allemande du Conseil a repris les principaux éléments de cette note, qui seront discutés mercredi entre représentants des pays membres (Coreper), a précisé mardi Christian Wigand, porte-parole de la Commission pour la Justice. "Elle pourra mener à des recommandations du Conseil dans les prochains jours", ajoute-t-il. "Les trois points principaux sont l'utilisation de critères communes pour déterminer le risque épidémiologique (des zones géographiques, NDLR), l'utilisation d'un même code couleur pour catégoriser les zones à risque, et l'harmonisation des mesures imposées pour les retours d'une zone dangereuse".